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Encyclopédie de l'Arbre Celtique

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Encyclopédie de l'Arbre Celtique

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  • La bataille de l'Allia [-387?/-386?]

  • La bataille de l'Allia.

    Vers 387 avant J.-C., les Sénons, derniers arrivés dans la péninsule italienne, s'y installent en conquérant de nouveaux territoires. Ils assiègent la cité étrusque de Chiusium (aujourd'hui Chiusi). Rome avertit, envoie des ambassadeurs auprès des Gaulois. Mais ces derniers, lors d'une bataille, combattent aux cotés des Clusiniens. Les Sénons demandent réparation à Rome, en demandant que les coupables leur soient livrés. Les Romains refusent. En reprèsailles, les Gaulois lèvent le siège de Clusium, et marchent sur Rome. Leur armée commandée par Brennos est immense, soixante-dix milles hommes.

    Rome est une puissante cité, mais n'est pas encore la puissance que nous connaîtrons plus tard. Elle mobilise le maximum qu'elle peux, soit environ quarante milles hommes, mais la plupart des recrues n'ont aucune expérience de la guerre. Les deux armées se rencontrent à une quinzaine de kilomètres de Rome, près de la confluence entre l'Allia et le Tibre. L'échec romain sera terrible, trois jours après les Gaulois entrent dans Rome. Mais Laissons à Tite-Live le soin de vous relater la bataille.

    Tite-Live, Histoire Romaine, V, 37: "En présence de l'immense péril qui la menaçait (tant la fortune aveugle les esprits, quand elle veut rendre ses coups irrésistibles !), cette cité, qui, ayant affaire aux Fidénates, aux Véiens et aux autres peuples voisins, avait eu recours aux mesures extrêmes, et tant de fois nommé un dictateur, aujourd'hui, attaquée par un ennemi étranger et inconnu, qui lui apportait la guerre des rives de l'Océan et des dernières limites du monde, elle ne recourut ni à un commandement ni à des moyens de défense extraordinaires. Les tribuns, dont la témérité avait amené cette guerre, dirigeaient les préparatifs; et, affectant de mépriser l'ennemi, ils n'apportaient à la levée des troupes ni plus de soin ni plus de surveillance que s'il se fût agi d'une guerre ordinaire. Cependant les Gaulois avaient appris que l'on s'était complu à conserver des honneurs aux violateurs des droits de l'humanité, et qu'on s'était joué de leur députation; bouillant de colère, et d'un naturel impuissant à la contenir, ils arrachent leurs enseignes, et s'avancent d'une marche rapide sur le chemin de Rome. Comme, au bruit de leur passage, les villes épouvantées couraient aux armes, et que les habitants des campagnes prenaient la fuite, les Gaulois annonçaient partout à grands cris qu'ils allaient sur Rome; et, dans tous les endroits qu'ils traversaient, cette confuse multitude d'hommes et de chevaux occupait au loin un espace immense. La renommée qui marchait devant eux, les courriers de Clusium et de plusieurs autres villes avaient porté l'effroi dans Rome; leur venue impétueuse augmenta encore la terreur : l'armée partit au-devant eux à la hâte et en désordre; et, à peine à onze milles de Rome, les rencontra à l'endroit où le fleuve Allia, roulant du haut des monts de Crustumérie, creuse son lit, et va, un peu au-dessous du chemin, se jeter dans le Tibre. Partout, en face et autour des Romains, le pays était couvert d'ennemis; et cette nation, qui se plaît par goût au tumulte, faisait au loin retentir l'horrible harmonie de ses chants sauvages et de ses bizarres clameurs."

    Tite-Live, Histoire Romaine, V, 38: "Là, les tribuns militaires, sans avoir d'avance choisi l'emplacement de leur camp, sans avoir élevé un retranchement qui pût leur offrir une retraite, et ne se souvenant pas plus des dieux que des hommes, rangent l'armée en bataille, sans prendre les auspices et sans immoler de victimes. Afin de ne pas être enveloppés par l'ennemi, ils étendent leurs ailes ; mais ils ne purent égaler le front des Gaulois, et leur centre affaibli ne forma plus qu'une ligne sans consistance. Sur leur droite était une éminence où ils jugèrent à propos de placer leur réserve, et si par ce point commença la terreur et la déroute, là aussi se trouva le salut des fuyards. En effet, Brennus, qui commandait les Gaulois, craignant surtout un piège de la part d'un ennemi si inférieur en nombre, et persuadé que leur intention, en s'emparant de cette hauteur, était d'attendre que les Gaulois en fussent venus aux mains avec le front des légions pour lancer la réserve sur leur flanc et sur leur dos, marcha droit à ce poste ; il ne doutait pas que, s'il parvenait à s'en emparer, l'immense supériorité du nombre ne lui donnât une victoire facile; et ainsi la science militaire aussi bien que la fortune se trouva du côté des Barbares. Dans l'armée opposée, il n'y avait rien de romain, ni chez les généraux ni chez les soldats; les esprits n'étaient préoccupés que de leur crainte et de la fuite; et, dans leur égarement, la plupart se sauvèrent à Véies, ville ennemie dont ils étaient séparés par le Tibre, au lieu de suivre la route qui les aurait menés droit à Rome vers leurs femmes et leurs enfants. La réserve fut un moment défendue par l'avantage du poste; mais dans le reste de l'armée, à peine les plus rapprochés eurent-ils entendu sur leurs flancs, et les plus éloignés derrière eux, le cri de guerre des Gaulois, que, presque avant de voir cet ennemi qu'ils ne connaissaient pas encore, avant de tenter la moindre résistance, avant même d'avoir répondu au cri de guerre, intacts et sans blessures ils prirent la fuite. On n'en vit point périr en combattant; l'arrière-garde éprouva quelque perte, empêchée qu'elle fut dans sa fuite par les autres corps qui se sauvaient sans ordre. Sur la rive du Tibre, où l'aile gauche s'était enfuie tout entière après avoir jeté ses armes, il en fut fait un grand carnage; et une foule de soldats qui ne savaient pas nager, ou à qui le poids de leur cuirasse et de leurs vêtements en ôtait la force, furent engloutis dans le fleuve. Le plus grand nombre cependant purent sains et saufs gagner Véies, d'où ils n'envoyèrent à Rome ni le moindre renfort pour la garder ni même un courrier pour annoncer leur défaite. L'aile droite, placée loin du fleuve et presque au pied de la montagne, se retira vers Rome, et sans se donner le temps d'en fermer les portes se réfugia dans la citadelle."

    Si l'année de la bataille n'est pas très prècise, il n'en est pas de même pour le jour. Cette bataille eut lieu un 18 Juillet, les Romains ayant à partir de ce moment, déclaré ce jour comme "néfaste" sur leur calendrier.

    Pseudo Aurelius Victor, Les hommes illustres de la ville de Rome, XXIII: "Choqués par cette action, les Gaulois ayant demandé qu'on leur livre les ambassadeurs et ne l'ayant pas obtenu, gagnèrent Rome et taillèrent en pièces l'armée romaine près du fleuve Allia, le seizième jour avant les calendes d'août : ce jour, appelé "jour de l'Allia" fut rangé parmi les jours néfastes."




  • Sources

  • • V. Kruta, Les Celtes - Histoire et dictionnaire, Laffont, Paris, 2000
    • H. Hubert, Les Celtes, Albin Michel, Paris, 2001 (1ère édition 1932).
    • Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique

  • Liens analogiques

  •  •  Brennos / Brennus (Sénons) [ personnages historiques (Les) ]
     •  Sénons [ peuples de Gaule Cisalpine (Les) ]

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