Rome peinait à se rétablir des Guerres Sociales (91 à 88 av. J.-C.) qui avaient profondément déstabilisé la République. Après une première tentative infructueuse de prise de pouvoir (65 av. J.-C.), Catilina entreprit une nouvelle conjuration. La conjuration de Catilina, serait restée un problème romano-romain, si le hasard n'avait pas fait intervenir des députés Allobroges. Les Allobroges sous domination romaine depuis une soixantaine d'années, envoyèrent une députation à Rome se plaindre du traitement injuste qu'ils endurent. L'un des conjurés, Lentulus les remarque, et élabore le projet de s'en servir pour exciter les Gaulois et les inciter à la révolte.
Plutarque, Vie de Cicéron, XIX: "Pendant qu'ils faisaient ainsi leurs dispositions, il se trouvait à Rome deux ambassadeurs des Allobroges, peuple durement traité par les Romains, et qui supportait impatiemment leur domination. Lentulus, persuadé que ces deux hommes pourraient leur être utiles pour exciter les Gaules à la révolte, les fit entrer dans la conjuration, et leur donna des lettres pour leur sénat, dans lesquelles ils promettaient aux Gaulois la liberté. Ils leur en remirent d'autres pour Catilina, qu'ils pressaient d'affranchir les esclaves, et de s'approcher promptement de Rome. Ils firent partir avec ces ambassadeurs un Crotoniate, nommé Titus, qu'ils chargèrent des lettres destinées à Catilina ; mais toutes les démarches de ces hommes inconsidérés, qui ne parlaient jamais ensemble de leurs affaires que dans le vin et avec les femmes, vinrent bientôt à la connaissance de Cicéron, qui, opposant à leur légèreté une vigilance, un sang-froid et une prudence extrêmes, les observait sans cesse, et avait d'ailleurs répandu dans la ville un grand nombre de gens affidés pour épier tout avec soin, et venir lui rendre compte. Il avait même des conférences secrètes avec des personnes sûres, que les conjurés croyaient être leurs complices, et qui l'informèrent des relations que les conjurés avaient eues avec les ambassadeurs. Il mit donc des gens en embuscade pendant la nuit ; et les deux Allobroges étant secrètement d'intelligence avec lui, il fit arrêter le Crotoniate, et saisir les lettres dont il était chargé."
Dion Cassius, Histoire Romaine, XXXVII, 33 : "Tout cela détermina Cicéron à rester à Rome. Le sort l'avait désigné pour le gouvernement de la Macédoine ; mais il ne se rendit ni dans cette province qu'il céda à son collègue, afin de pouvoir se livrer à son goût pour le barreau, ni dans la Gaule, voisine de l'Italie et qu'il avait acceptée en échange, à cause des circonstances présentes. Il veilla lui-même à la sûreté de Rome, et il envoya Métellus dans la Gaule, afin qu'elle ne tombât pas aussi au pouvoir de Catilina."
Dion Cassius, Histoire Romaine, XXXVII, 34 : "Cicéron resta à Rome fort à propos pour ses concitoyens ; car Lentulus, de concert avec ses complices et avec les députés des Allobroges qu'il avait entraînés dans la conjuration, se préparait à incendier une partie de la ville et à égorger plusieurs citoyens [...] Cicéron fit arrêter ceux qui avaient été chargés de porter des lettres à Catilina, les introduisit avec ces lettres dans le sénat, leur assura l'impunité et mit ainsi la conspiration à nit. Lentulus, forcé par le sénat d'abdiquer la préture, fut jeté en prison avec tous ceux qui avaient été arrêtés, et l'on se mit à la recherche des autres conjurés. Le peuple approuva ces mesures ; surtout parce qu'au moment où Cicéron parlait de cette affaire, eu pleine assemblée publique, la statue de Jupiter fut replacée dans le Capitole, la face tournée du côté de l'orient et du Forum, suivant la prescription des augures. Ils avaient déclaré que l'existence d'une conspiration serait révélée par l'érection de cette statue, et comme son rétablissement coïncidait avec la découverte du complot de Catilina, le peuple glorifia les dieux et se montra plus irrité contre ses complices."
Pour limiter le risque de soulèvement en Gaule Transalpine, en 62 av. J.-C. le lieutenant-gouverneur C. Muréna fut chargé de mettre en prison toutes les personnes soupçonnées de participer de près ou de loin à ce projet de conjuration.
Salluste, Conjuration de Catilina, XLII : "A peu près au même moment, en Gaule cisalpine et transalpine, comme dans le Picénum, le Bruttium et l'Apulie, il y avait du remue-ménage. Les gens que Catilina avait auparavant envoyés de tous côtés brouillaient tout, sans réflexion, comme des insensés : réunions nocturnes, transports d'armes de trait et de défense, démarches précipitées et agitées, tout était cause de crainte plus que de dangers réels. Un bon nombre de ces gens avaient été, après instruction de leur affaire, jetés en prison par le préteur Métellus Céler, en vertu d'un sénatus-consulte ; en Gaule transalpine, des mesures analogues avaient été prises par C. Muréna, lieutenant-gouverneur de cette province."
La principale conséquence de cette conjuration en Gaule sera la révolte des Allobroges sous la direction de Catugnatos (61 av. J.-C.)
Sources
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique