Marcus Julius Cottius (Cottius II) - Fils du roi Marcus Iulius Cottius (Cottius I). Aucun texte antique n'évoque un Marcus Julius Cottius II, fils du précédent. Il apparaît néanmoins évident que le Cottius évoqué dans la seconde moitié du Ier s. ap. J.-C. et sur quelques inscriptions découvertes à Suse et à Turin, ne soit pas le roi qui édifia l'arc de Triomphe de Suse. L'existence de ce Cottius II est avérée par un certain nombre d'inscriptions découvertes à Suse et Turin et sous-entendue dans les textes des grands historiens de l'antiquité.
I. - Un réel manque de données
Une inscription en l'honneur de Marcus Vipsanius Agrippa, datant d'entre 18 et 13 av. J.-C. mentionne Cottius et sa famille, sans que soit employé le titre de roi. On apprend alors que Cottius (Cottius I) a eu deux fils, Cottius (Cottius II ?) et Donnus. Ces deux fils apparaissent très certainement sur le bas-relief nord de l'arc de Suse, revêtues de toges.
Suse (AE 1904, 00173 = AE 1905, 00048 = AE 1996, 00971) MARCO AGRIPPAE L(VCI) F(ILIO) [CO(N)S(VLI) III TRI]B(VNICIA) [PO]TEST(ATE) [6] DO[NNVS] ET COTTI COTTI F(ILII)
"A Marcus Agrippa fils de Lucius, 3 fois consul, qui a occupé ( ?) fois la charge tribunicienne, Donnus ( ?) et Cottus, fils de Cottus"
Un extrait de l'Histoire Romaine de Dion Cassius pourrait attester ce fait, dans la mesure où il est dit que Claude donna à Cottius le titre de Roi « pour la première fois » (44 ap. J.-C.). Or ce titre fut déjà porté par un Marcus Julius Cottius jusqu'à une date comprise entre 18 et 8 av. J.-C.
Dion Cassius, Histoire Romaine, LX, 24: "Il [l'empereur Claude] augmenta les États que M. Julius Cottius tenait de son père, auprès des Alpes appelées de son nom Cottiennes, avec le titre de roi, qu'il lui donna alors pour la première fois."
Enfin, une inscription inscription funéraire au nom de Marcus Iulius Paris, affranchi du roi Cottius apporte indirectement une information supplémentaire. Certaines formules employées ici (testamento fieri iussit et liberto) suggèrent que cette inscription date de la seconde moitié du Ier s. ap. J.-C. Il s'agirait donc d'anciens esclaves de Marcus Iulius Cottius II. Cette mention de « roi Cottius » implique donc que cette inscription soit postérieure à 44 ap. J.-C.
Suse (CIL 05, 07296 = D 00848) M(ARCVS) IVL(IVS) COTT REG(IS) L(IBERTVS) PARIS T(ESTAMENTO) F(IERI) I(VSSIT) SIBI ET M(ARCO) IVL(IO) ELEVTHERO L(IBERTO) E[T] IVL(IAE) [1]ASILAE P(OSVIT)
III. - La mort du roi Cottius II, destinée de son royaume
- Quelques auteurs antiques paraissent l'évoquer
En 64 ap. J.-C, (66 ap. J.-C. selon Eusèbe) à la mort de Marcus Julius Cottius (II ?), sous le règne de Néron, le royaume fut transformé en province procuratorienne Alpae cottiae.
Suétone, Vie des douze Césars, vie de Néron, XVIII: "Il réduisit en province romaine le royaume de Pont que lui céda le roi Polémon, et les Alpes après la mort de Cottius."
Aurelius victor, Les Césars, V: "Ce fut alors qu'avec l'assentiment du roi Polémon, il réduisit en province romaine le Pont, appelé depuis cette circonstance Pont Polémoniaque : il en fut de même des Alpes Cottiennes après la mort du roi Cottius.
Eusèbe Pamphile, in Chroniques, Saint-Jérôme, II: "Olymp. 211, 2, an de R. 817, de J.-C. 66. Deux provinces seulement sont formées sous Néron, le Pont Polémoniaque et les Alpes Cotties, après la mort du roi Cottius.
- L'inscription de Turin (AE 1998, 00637) et la tombe supposée de Cottius II
Il paraît possible qu'à sa mort, Cottius II ait été inhumé à Turin, comme pourrait l'évoquer cette inscription funéraire évoquant un Marcus Iulius Cottius, fils de Cottius.
"Marcus Iulius Cottius, fils de Cottius. Quintus Vedius Lentulus (a fait ?)"
La disparition de ce petit royaume alpin n'a en rien impliqué l'extinction de cette famille royale. Celle-ci s'est maintenue quelque temps encore dans la région sous le titre de « préfet de cité ». Le premier à porter ce titre sera Donnus (Donnus II), frère de Cottius II.