Les Gaulois de Leonnorios sont entrainés en Asie par Nicomède I de Bithynie [-278]
Alors que Lutarios réussit à passer le Bosphore par la ruse, Léonnorios stationnait toujours à Byzance avec ses troupes dans l'attente de négociations avec Antipater II Étesias de Macédoine. Là, Léonnorios fut contacté par Nicomède I de Bithynie, alors aux prises de guerres de succession avec son frère. Cherchant à employer des auxiliaires pour l'aider dans cette guerre, il fit passer les Gaulois de Léonnorios en Asie depuis Byzance.
Nicomède I imposa des conditions à la présence gauloise en Bithynie, conditions listées par Photius (Bibliothèque, XXXIII). Les Gaulois doivent resté fidèles aux Bithyniens, à Nicomède et à sa descendance, ils ne peuvent se liguer avec une autre population sans l'accord de Nicomède. Enfin, ils ne doivent pas agresser les cités grecques alliées des Bithyniens, mais au contraire, se porter à leur secours en cas de besoin. C'est ainsi, que par cet engagement et par le jeu des alliances, les nouveaux arrivant se trouvent être les alliés de Βυζάντιον (Byzance, l'actuelle Istanbul, Turquie), Χαλκηδών (Chalcédoine, l'actuelle Kadıköy, province d'Istanbul, Turquie), Ηράκλεια Ποντική (Héraclée du Pont, l'actuelle Karadeniz Ereğli, province de Zonguldak, Turquie), Kίος / Κίερος (Cios / Cieros, l'actuelle Gemlik, province de Bursa, Turquie) et Τίον (Tios, l'actuelle Filyos, province de Zonguldak, Turquie).
Photius, Bibliothèque, XXXIII : "Mais peu de temps après, Nicomède voyant que les Gaulois aspiraient à passer en Asie et qu'ils l'avaient tenté plusieurs fois inutilement, parce qu'autant de fois les Byzantins les en avaient empêchés, au risque de voir devenir leurs terres la proie des Barbares ; Nicomède, dis-je, leur ménagea ce passage tant désiré, il traita avec eux et voici quelles furent les conditions du traité. » Que les Gaulois demeureraient toujours unis par les liens de l'amitié, avec Nicomède et sa postérité ; » Qu'ils ne pourraient jamais, contre le gré et le consentement de Nicomède, se liguer avec qui que ce soit qui les en solliciterait ; mais qu'ils seraient toujours amis de ses amis et ennemis de ses ennemis : Qu'ils donneraient du secours aux Byzantins toutes les fois qu'il en serait besoin : » Qu'ils se porteraient aussi pour bons et fidèles alliés des villes de Tios, de Ciéros, de Chalcis, d'Héraclée et de quelques autres qui devaient être nommées. »"
Tite Live, Histoire Romaine, XXXVIII, 16 : "Plus tard, il leur prit envie de passer en Asie, à force d'entendre vanter tout autour d'eux la fertilité merveilleuse de ce pays. Ils s'emparèrent de Lysimachia par surprise, soumirent à main armée toute la Chersonnèse et descendirent vers l'Hellespont. Là, voyant qu'un simple détroit les séparait de l'Asie, ils brûlèrent plus que jamais du désir de passer à l'autre bord, et firent demander le passage à Antipater, commandant de cette côte. La négociation étant trop lente à leur gré, une nouvelle dissension éclata entre les deux chefs. Lonorius revint sur ses pas avec la plus grande partie des guerriers et regagna Byzance ; Lutarius, profitant de la présence des espions macédoniens envoyés par Antipater sous le nom d'ambassadeurs, leur enleva deux navires pontés et trois barques. Il s'y embarqua, transporta ses bandes une à une, jour et nuit, et, au bout de quelques jours, il eut toutes ses troupes à l'autre bord. Vers la même époque, un peu plus tard, Lonorius, avec l'aide de Nicomède, roi de Bithynie, s'embarqua aussi à Byzance."