Les Gaulois espionnent les Romains pour le compte d'Hannibal [-219/-218]
Un passage de l'Histoire Générale de Polybe (III, 7) mentionne le fait que dés 219-218 av. J.-C., alors qu'Hannibal était occupé à terminer la pacification de la péninsule ibérique, des Gaulois (transalpins ?) avaient été envoyés en Gaule transalpine, dans les Alpes et en Gaule cisalpine, reconnaître l'itinéraire à suivre, prendre contact avec les différentes peuplades rencontrées et leur livrer des gages d'amitié. De plus, nous savons par Tite-Live (Histoire Romaine, XXI, 20) que les Gaulois de Gaule transalpine et cisalpine, éprouvaient une certaine haine contre Rome, suite aux campagnes menées par ces derniers en Italie du nord. Hannibal, profitant de cette situation tendue, réalisait ainsi, qu'il bénéficiait d'un important capital sympathie, par le simple fait d'entrer en guerre contre Rome. Les difficultés du parcourt étaient donc compensées par la sécurité et les garanties offertes par ces alliances naissantes.
Polybe, Histoire Générale, III, 7 : "Hannibal ayant ainsi pourvu à la sûreté de l'Afrique et de l'Espagne, n'attendit plus que l'arrivée des courriers que les Gaulois lui envoyaient, car il les avait priés de l'informer de la fertilité du pays qui est au pied des Alpes et le long du Pô ; quel était le nombre des habitants ; si c'était des gens belliqueux ; s'il leur restait quelque indignation contre les Romains pour la guerre que ceux-ci leur avaient faite auparavant, et que nous avons rapportée dans le livre précédent, pour disposer le lecteur à entendre ce que nous avions à dire dans la suite. Il comptait beaucoup sur les Gaulois, et se promettait de leurs secours toutes sortes de succès. Pour cela, il dépêcha avec soin à tous les petits rois des Gaules, tant à ceux qui régnaient en deçà qu'à ceux qui demeuraient dans les Alpes mêmes, jugeant bien qu'il ne pouvait porter la guerre en Italie qu'en surmontant toutes les difficultés qu'il y aurait à passer dans les pays dont nous venons de parler, et qu'en faisant entrer les Gaulois dans son entreprise. Enfin les courriers arrivèrent, et lui apprirent quelles étaient les dispositions et l'attente des Gaulois, la hauteur extraordinaire des Alpes, et les fatigues qu'il devait s'attendre à essuyer dans ce passage, qui n'était cependant pas absolument impossible."