En 54 avant J.-C. Jules César s'apprête à faire une expedition en Bretagne insulaire. Mais il se rend compte que les Trèvires ne viennent pas aux assemblées, ne veulent pas reconnaître son autorité. Il se rend donc chez eux, une partie de l'élite trèvire derrière Cingétorix, l'assure de leur soutien, mais ce n'est pas le cas d'Indutiomaros. César ne peut se permettre un combat en territoire trèvire, ses troupes sont prêtes à embarquer à Portius-Itius (Boulogne-sur-Mer). Pour temporiser, il demande deux-cents otages dont le fils d'Indutiomaros. Il gagne du temps, mais d'un autre coté les conditions pour une révolte des Trèvires sont posées, elle ne tardera pas à venir.
Jules César, La guerre des gaules, V, 2-4: "[...] Quant à lui [César], prenant quatre légions sans bagages et huit cents cavaliers, il se rend chez les Trévires, parce qu'ils s'abstenaient de venir aux assemblées, ne reconnaissaient pas son autorité et essayaient, disait-on, d'attirer les Germains transrhénans. Ce peuple a la plus forte cavalerie de toute la Gaule, une infanterie nombreuse et il touche, comme nous l'avons dit, au Rhin. Deux hommes s'y disputaient le pouvoir Indutiomaros et Cingétorix. Celui-ci, dès qu'on sut l'approche de César et de ses légions, vint le trouver, donna l'assurance que lui et les siens resteraient dans le devoir et ne trahiraient pas l'amitié du peuple romain, et l'instruisit de ce qui se passait chez les Trévires. Indutiomaros, au contraire, se mit à lever de la cavalerie et de l'infanterie et à préparer la guerre, cachant dans la forêt des Ardennes, qui s'étend sur une immense étendue, au milieu du territoire des Trévires, depuis le Rhin jusqu'aux frontières des Rèmes, ceux à qui leur âge ne permettait pas de porter les armes. Puis quand il voit qu'un assez grand nombre de chefs Trévires, cédant à leur amitié pour Cingétorix et à la frayeur que leur causait l'arrivée de nos troupes, se rendaient auprès de César et, ne pouvant rien pour la nation, le sollicitaient pour eux-mêmes, il craint d'être abandonné de tous et envoie des députés à César : "S'il n'avait pas voulu quitter les siens et venir le trouver, c'était pour pouvoir mieux maintenir la cité dans le devoir, car on pouvait craindre que, si tous les nobles s'en allaient, le peuple, dans son ignorance, ne se laissât entraîner ; la cité lui obéissait donc, et si César y consentait, il viendrait dans son camp placer sous sa protection sa personne et la cité." César n'ignorait pas ce qui lui dictait ces paroles et ce qui le détournait de ses premiers desseins ; pourtant, ne voulant pas être contraint de passer tout l'été chez les Trévires quand tout était prêt pour la guerre de Bretagne, il ordonna à Indutiomaros de venir avec deux cents otages. Quand celui-ci les eut amenés, et parmi eux son fils et tous ses proches que César avait réclamés nommément, il le rassura et l'exhorta à rester dans le devoir ; mais il n'en fit pas moins comparaître les chefs Trévires et les rallia un à un à Cingérorix : ce n'était pas seulement une juste récompense de ses services ; César voyait aussi un grand intérêt à fortifier autant que possible le crédit d'un homme en qui il avait trouvé un exceptionnel dévouement. Ce fut pour Indutiomaros un coup sensible, que de se voir mis en moindre faveur auprès des siens ; et lui qui déjà nous était hostile, il en conçut un ressentiment qui exaspéra sa haine."