• Vie de Saint-Fronton, évêque de Périgueux, 6, ASS 25 Octobre, 408-409
Texte:
[à Brantôme] Vir autem Dei cum turmis, per eum ad fidem conversis, perrexit ad templum majus et Marti consecratum, et idola ibi erecta evertit, et locum illum mundavit, ibique ecclesiam in honore Protomartyris Stephani consecravit, et caput sedis suae esse voluit, et septuaginta duos clericos ibi constituit, qui laudem Dei die noctuque decantarent. Videns autem Fronto civitates circumvicinas, idolatriae errori deditas, discipulos suos undique per vicos et castella destinavit, qui verbum Dei seminantes, aliqui palmam martyrii abtinuerunt, aliqui, pluribus conversis ad magistrum laeti redierunt. Quumque quadam die Beatus Fronto ad evertendum templum, quod erat Veneri dedicatum, properaret, paganorum multitudo eum malificum acclamans, pro defensione deorum suorum ei restitit ; sed Beatus Fronto interius templum ingressus, Christi nomine invocato, simulacrum enorme in pulverem redegit, ex quo draco immanissimus erupit, qui flatu suo sulfureo septem viros peremit, caeterosque cultores suos atroci caudae urgere coepit verbere. Tunc illi viri Dei auxilium petunt, qui crucis signo opposito, draconi imperat, ut amplius nullum locum, nisi desertum petat. Quod videntes caeteri, promittunt, se in Deum credere, rogantes, ut illos, quos draco peremerat, a morte dignaretur suscitare ; qui corpora defunctorum extra templum jussit deportari ; ibi, oratione facta, velut a somno excitati surrexerunt.
[à Brantôme] Et l'homme de Dieu, en compagnie de la multitude convertie à la foi par lui, se rendit au grand temple consacré à Mars, renversa les idoles érigées là, purifia ce lieu, y consacra une église en l'honneur du protomartyr Etienne, voulut se mettre à la tête de ce siège et y établit soixante douze clercs pour chanter la louange de Dieu jour et nuit. Puis Fronton voyant les cités voisines vouées à l'erreur de l'idolâtrie, dépêcha partout, par les villages et les hameaux, ses disciples qui, semant la parole de Dieu, obtinrent pour les uns la palme du martyre, tandis que d'autres, ayant converti beaucoup de monde, revinrent joyeux auprès de leur maître. Un jour le bienheureux Fronton se préparait à détruire un temple dédié à Vénus: une foule de païens le conspuant comme maléfique se mit devant lui pour défendre ses dieux; mais le bienheureux Fronton ayant pénétré plus avant dans le temple, ayant invoqué le nom du Christ, réduisit en poussière une énorme pierre d'oùsortit un redoutable dragon qui, de son souffle sulfureux, anéantit sept hommes; quant aux autres fidèles, il commença à les écraser d'horribles coups de queue. Alors ces hommes demandent l'aide de l'homme de Dieu qui, ayant brandi le signe de la Croix, ordonna au dragon de ne plus aller que dans des lieux déserts. Ce que voyant, les autres promettent de croire en Dieu, demandant que ceux que le dragon avait tués, Fronton juge digne de les ressusciter; il ordonna que les corps des défunts soient portés hors du temple; là, une prière ayant été dite, ils se dressèrent, comme sortant du sommeil.