Voulant souligner la très grande mansuétude dont faisait preuve Auguste, Dion Cassius (Histoire romaine, LIII, 25) évoque le cas d'un certain Corocotta, brigand qui sévissait en Hispanie lorsque l'empereur y était. Auguste avait promit la somme de deux cent cinquante mille drachmes à quiconque lui rapporterait Corocotta vif. Contre toute attente, Corocotta lui-même est venu se livrer. Surpris par l'audace de cet homme, Auguste lui versa la récompense sans lui faire le moindre mal.
Compte-tenu du fait qu'Auguste ne s'est occupé personnellement des affaires de l'Hispanie qu'entre 26 et 25 av. J.-C., au cours de sa campagne contre les Cantabres, Corocotta est régulièrement considéré comme le chef / l'un des chefs de ce peuple, sans la moindre certitude.
Dion Cassius, Histoire romaine, LVI, 43 :"Voilà des traits qu'on citait d'Auguste ; on disait aussi que sa colère contre ceux qui l'avaient offensé n'était pas sans bornes, et qu'il tenait fidèlement sa parole, même à des gens indignes. Ainsi, Corocottas, brigand fameux d'Espagne, excita tout d'abord sa colère à un tel point qu'il promit deux cent cinquante mille drachmes à celui qui le prendrait vif ; mais Corocottas étant venu volontairement se livrer, loin de lui faire aucun mal, il lui donna la somme promise. C'est pour cela, et aussi parce qu'en mêlant le gouvernement monarchique de formes républicaines, il conserva aux Romains leur liberté, leur procura l'honneur et la sécurité, au point qu'également à l'abri de la fougue populaire et des excès de la tyrannie, ils vécurent dans une sage liberté, sous une monarchie inoffensive, soumis à un prince sans être ses esclaves, gouvernés avec les formes de la république, sans être en butte aux discordes; c'est pour tout cela, dis-je, qu'il fut amèrement pleuré."