Victoire de Cneius Domitius Ahenobarbus à Vindalium |-122]
Teutomatos (ou Toutomotulos), roi des Salyens en fuite, vint se réfugier chez les Allobroges. Ceux-ci refusèrent de le leur livrer aux romains. Bituitos, roi des Arvernes envoya un ambassadeur plaider la cause du roi Salyen auprès de Cneius Domitius Ahenobarbus, sans succès.
Appien, Histoire Romaine, IV, 12 : "Les Salyens ayant été vaincus par les Romains, les chefs de ce peuple se réfugièrent chez les Allobroges ; les Romains en réclamèrent l'extradition. Sur le refus des Allobroges, ils envoyèrent une expédition commandée par Cneius Domitius. Au moment où le général quittait le territoire des Salyens, un ambassadeur de Bituit, roi des Allobroges [en réalité, des Arvernes], en somptueux équipage, vint au devant de lui : il était escorté de gardes richement vêtus et de chiens. Les barbares en ces contrées ont aussi une garde de chiens. Un poète suivait, qui dans une poésie barbare chantait le roi Bituit, puis les Allobroges, puis l'ambassadeur lui-même, leur naissance, leur courage et leurs richesses ; c'est même pour cela surtout que parmi les ambassadeurs ceux qui sont illustres emmènent avec eux des gens de cette sorte. Celui-ci demanda grâce pour les chefs des Salyens, mais sans rien obtenir."
Les Eduens, alliés du peuple romain se plaignaient des ravages causés par les Allobroges et les Arvernes de Bituitos sur leur territoire. Le refus de livrer le roi des Salyens et les plaintes des Eduens donnèrent à Cneius Domitius Ahenobarbus le pretexte pour intervenir en Gaule.
Tite-Live, Périochae, LXI: "Le proconsul Cn. Domitius remporta un succès sur les Allobroges, près de la ville de Vindalium. Si on leur avait fait la guerre, c'est parce qu'ils avaient recueilli Toutomotulus [Teutomatos], roi des Salluviens, en fuite, et lui avaient apporté toute l'aide qu'ils pouvaient ; parce qu'ils avaient aussi ravagé le territoire des Eduens, alliés du peuple romain."
Florus, Histoire romaine, III, 3: "Puis ce furent les Allobroges et les Arvernes contre lesquels les Eduens nous adressèrent des plaintes analogues, en réclamant notre aide et notre secours. Nous eûmes pour témoins de nos victoires sur ces deux peuples l'Isère, la Sorgue et le Rhône, le plus rapide des fleuves. Rien n'épouvanta plus les Barbares que nos éléphants, dignes adversaires de ces nations farouches."
Allobroges et Arvernes alliés, affrontèrent l'armée romaine près de Vindalium, à la confluence entre la Sorgues et le Rhône, mais furent vaincus.
Florus, Histoire romaine, III, 3: "On jugera de la joie extraordinaire qu'excitèrent ces deux victoires quand on saura que Domitius Aenobarbus et Fabius Maximus élevèrent des tours de pierre sur l'emplacement même des champs de bataille et y dressèrent des trophées ornés d'armes ennemies. Cet usage était inconnu de nos ancêtres. Jamais, en effet, le peuple romain n'insulta à la défaite d'un ennemi vaincu."
Strabon, Géographie, IV, 1, 6 : "Il y a encore d'autres rivières qui, entre le Druentias et l'Isara, descendent des Alpes pour s'unir au Rhône ; nous en citerons deux notamment qui entourent [Luerion], la ville des Cavares, et qui confondent leurs eaux avant de se jeter dans le fleuve, et une troisième, le Sulgas, qui a son confluent près de la ville de Vindalum, à l'endroit même où Cnaeus [Domitius] Aenobarbus tailla en pièces, dans une grande bataille rangée, plusieurs myriades de Gaulois."
Strabon, Géographie, IV, 2, 3 : "Quant à la lutte contre Maximus Aemilianus, elle avait eu lieu près du confluent de l'Isar et du Rhône, lequel en cet endroit, touche presque à la chaîne des monts Cemmènes ; et c'est plus bas, au confluent du Sulgas et du Rhône, que s'était livrée la bataille contre Domitius. "