Victoire de Quintus Fabius Maximus sur les Arvernes, les Allobroges et les Rutènes [-121]
En 121 av. J.-C., Quintus Fabius Maximus devint consul et pris la suite des opérations menées en Gaule par Cneius Domitius Ahenobarbus. Ce nouveau consul livra bataille contre une nouvelle coalition arverno-allobroge dirigée par le roi des ArvernesBituitos. Les Gaulois furent vaincus, Quintus Fabius Maximus prendra dés lors le surnom d'Allobrigicus. La paternité de cette victoire fut néanmoins disputée. Cneius Domitius Ahenobarbus prit la mouche lorsque Bituitos décida de se rendre à Quintus Fabius Maximus et non à lui.
Tite-Live, Periochae, LXI : "Le consul Q. Fabius Maximus, petit-fils de Paul Émile, remporte une victoire sur les Allobroges et sur Bituitus, roi des Arvernes. Cent vingt mille hommes de l'armée de Bituitus furent taillés en pièces."
Velleius Paterculus, Histoire Romaine, II, 10 : "On vit vers la même époque les illustres victoires de Domitius sur les Arvernes et de Fabius sur les Allobroges. Fabius, petit-fils de Paul Emile, dut à sa victoire le surnom d'Allobrogicus. Remarquons cette originalité de la famille des Domitius : son bonheur fut éclatant mais limité à un petit nombre de personnes."
Strabon, Géographie, IV, 1, 6 : "En général, le pays n'offre que plaines et beaux pâturages, mais, pour aller d'Aeria à [Luerion], il faut franchir encore dans la montagne plusieurs défilés étroits et obstrués par des bois. Au point de jonction de l'Isara, du Rhône et du mont Cemmène, Q. Fabius Maximus Aemilianus, avec moins de trente mille hommes, tailla en pièces deux cent mille Gaulois ; après quoi il éleva aux mêmes lieux un trophée en marbre blanc, ainsi que deux temples qu'il dédia, l'un, à Mars, l'autre, à Hercule.."
Florus, Histoire romaine, III, 3: "On jugera de la joie extraordinaire qu'excitèrent ces deux victoires quand on saura que Domitius Aenobarbus et Fabius Maximus élevèrent des tours de pierre sur l'emplacement même des champs de bataille et y dressèrent des trophées ornés d'armes ennemies. Cet usage était inconnu de nos ancêtres. Jamais, en effet, le peuple romain n'insulta à la défaite d'un ennemi vaincu."
Nous savons grâce à César (B.-G., I, 45) qu'il faut ajouter aux Arvernes et aux Allobroges, les Rutènes. En effet, César mentionne une victoire de Quintus Fabius Maximus sur les Arvernes et les Rutènes. S'agît-il de cette même bataille qui vit la défaite de Bituitos ? Cette défaite entraîna, pour les Rutènes, l'annexion de la moitiée de leur territoire (Ruteni Provinciales).
Jules César, La guerre des gaules, I, 45 : "Q. Fabius Maximus avait vaincu les Arvernes et les Rutènes, et Rome, leur pardonnant, ne les avait par réduits en province, et ne leur avait pas imposé de tribut. S'il fallait s'en rapporter à la priorité de temps, elle serait pour le peuple romain un juste titre à l'empire de la Gaule ; s'il fallait s'en tenir au décret du sénat, elle devait être libre, puisqu'il avait voulu que, vaincue, elle conservât ses lois."
Une très courte mention de cet évènement est rapportée par Eusèbe Pamphile (Chroniques, II). Cette allusion laconique est erronée puisqu'elle situe la reddition de Bituitos lors de la 3e année de la 163e olympiade (entre le 21 juin 126 et le 20 juin 125), soit au cours de la 364e année de Rome (entre le 21 avril 126 et le 20 avril 125). La victoire romaine de 121 av. J.-C. est ici confondue avec la campagne de Marcus Fulvius Flaccus de 125 av. J.-C.
Eusèbe Pamphile, Chroniques, II :"Olymp. 163, 3, an de R. 627. Arvernes, fameuse ville de la Gallia, est prise ainsi que son roi Vituitus."