Grâce à des méthodes statistiques prenant en considération les différents objets présents dans une structure, on peut déterminer l'évolution de la structure, montrer une succession chronologique entre les différentes parties de cette structure. On part du principe que la diffusion d'un objet suit le schéma suivant : croissance progressive puis disparition progressive après un moment de diffusion maximale. Cette loi peut être représentée graphiquement par une gaussienne. Si les objets sur un site archéologique suivent cette loi, les combinaisons d'objets trouvés dans des parties différentes d'un site permettent de déterminer une succession pour ces différentes parties. Cette méthode s'applique par exemple en contexte de nécropole, pour savoir dans quel ordre les sépultures ont été construites, et ainsi reconstituer le schéma d'extension de la nécropole, ou encore dans les sites ou la stratigraphie est perturbée et ne donne pas d'informations claires quant aux différentes phases du site. Une telle étude permet aussi de voir si un site a connu une occupation continue, ou a au contraire connu plusieurs occupations et abandons.
Mode opératoire
On établit un tableau de présence/absence qui indique par exemple pour chaque tombe quels types d'objets étaient représentés. Une fois ce tableau établi, on le réorganise, soit de façon " empirique ", avec ciseaux et colles, soit en utilisant une méthode calculatoire (la méthode dite des barycentres), afin d'obtenir une diagonale plus ou moins exacte. Selon la répartition des croix sur cette diagonale, on peut dire si le site a été occupé de façon continue (pas de rupture sur la diagonale), ou s'il a connu différentes phases successives d'occupation (dans ce cas, on observe des hiatus dans la diagonale).