Les céréales sont cultivées essentiellement pour leurs graines. Hors ces dernières sont le système de reproduction des plantes. A l'état sauvage les graminées arrivées à maturité feront tout pour essaimer leurs graines, l'enveloppe éclate et libère la graine. Inutile de dire que cela n'arrange pas du tout l'agriculteur, qui risque de voir ainsi une grande partie de sa récolte s'envoler. En domestiquant ces céréales, le paysan a très tôt dans l'histoire de l'agriculture, sélectionné et favorisé les plantes aux cosses les plus résistantes, pour conserver ces graines. La méthode est efficace, mais amène un autre problème. L'enveloppe n'étant pas comestible, il faut la séparer du grain. L'homme doit faire ce que la nature ne fait plus, cette opération est : "le battage".
Malheureusement cette technique ne laisse que très peu de traces archéologiques. Les aires de battage sont quasiment indécelables, elles ne sont mises en évidence que par la présence de résidus de ce battage dans les fossés environnants. Les techniques utilisées ne laissent aucunes traces, nous ne pouvons donc que les supposer.
- Le dépiquetage : Les céréales sont piétinées par le fermier ou par des animaux domestiques sur une aire de battage. La méthode quoique longue est efficace, mais elle entraîne la désagrégation des tiges qui ne peuvent plus être utiliser comme chaume.
- Le chaubage : Cette technique consiste a frapper les gerbes sur des parois ou des surfaces dures, provoquant ainsi la rupture des cosses.
- Le peignage : Consiste à faire passer les épis dans un peigne, ce qui sépare les grains de la tige et provoque l'éclatement de l'enveloppe. Dans ce cas, les tiges ne sont pas abimées et peuvent-être utilisées comme chaume.
- Le fléau : Composé de deux morceaux de bois articulés grâce à une lanière de cuir, est aujourd'hui la méthode la plus connue. Mais elle n'est malheureusement attestée qu'à partir de l'époque gallo-romaine. Par contre l'utilisation de simple bâtons non articulés (monoxykle) est tout à fait concevable.
- Le tribullum : Est une sorte de traîneau sur lequel sont sertis ou collés sur la face inférieure, des silex ou des clous. Tiré par des animaux, et lesté de pierres ou d'un homme se tenant dessus, il provoque en passant sur les épis, le hachage et le broyage de ceux-ci. La présence de ces silex sur certains sites archéologiques, permet de supposer comme très probable l'utilisation de cette technique par les fermiers gaulois.
Les céréales à grains vêtus demandent deux battages, chacun ne provoquant pas les mêmes déchets. Or, les rares découvertes attestant le battage de ce type de céréales, ne semblent concerner que le deuxième. Ce qui laisse supposer que le premier battage devait s'effectuer dès la récolte à proximité du champ. Par contre, la présence d'épillets résultant d'un premier battage dans des silos, prouve qu'il pouvait y avoir un stockage de ceux-ci, entre les deux battages.
Dans une même ferme, la technique pouvait varier en fonction des besoins. La nécéssité de refaire la toiture, obligeait l'utilisation d'une méthode plus douce, tels le peignage ou le chaubage. Une fois cette opération terminée, il faut avant de procéder au stockage, séparer les grains de tous les autres débris c'est le : vannage (voir sur le lien ci-dessous)
Image provenant de l'ouvrage : Au temps des Gaulois (Barborini Robert, Frattini Stéphane), notons deux anachronismes : L'utilisation du fléau non avéré avant l'occupation romaine, et le fait de pratiquer le battage dans un grenier, ce qui est strictement incompatible avec l'opération suivante, le "criblage".