En 48 après J.-C. Les Gaulois obtiennent le droit d'avoir des sénateurs au sénat romain. C'est l'empereur Claude qui dans un discours devant le sénat romain, en fera la demande, qui sera acceptée. Un résumé de ce discours figure dans Tacite (Annales, XI, 23-24). Mais en 1528, à Lyon, Roland Gribaux, un drapier découvrit dans sa vigne, deux fragments représentant la partie inférieure d'une table en plomb contenant le texte du discours de l'empereur Claude. Les premiers à obtenir ce droit furent les Eduens, en remerciement de l'ancienneté de leur amitié à Rome.
Tacite, Annales, XI, 23: "Sous le consulat d'Aulus Vitellius et de L. Vipstanus, il fut question de compléter le sénat. Les principaux habitants de la Gaule chevelue, qui depuis longtemps avaient obtenu des traités et le titre de citoyens, désiraient avoir dans Rome le droit de parvenir aux honneurs. Cette demande excita de vives discussions et fut débattue avec chaleur devant le prince. On soutenait "que l'Italie n'était pas assez épuisée pour ne pouvoir fournir un sénat à sa capitale. Les seuls enfants de Rome, avec les peuples de son sang, y suffisaient jadis ; et certes on n'avait pas à rougir de l'ancienne république : on citait encore les prodiges de gloire et de vertu qui, sous ces moeurs antiques, avaient illustré le caractère romain. Était-ce donc peu que des Vénètes et des Insubriens eussent fait irruption dans le sénat ; et fallait-il y faire entrer en quelque sorte la captivité elle-même avec cette foule d'étrangers ? A quels honneurs pourraient désormais prétendre ce qui restait de nobles et les sénateurs pauvres du Latium ? Ils allaient tout envahir, ces riches dont les aïeuls et les bisaïeuls, à la tête des nations ennemies, avaient massacré nos légions, assiégé le grand César auprès d'Alise. Ces injures étaient récentes : que serait-ce si on se rappelait le Capitole et la citadelle presque renversés par les mains de ces mêmes Gaulois ? Qu'ils jouissent, après cela, du nom de citoyens ; mais les décorations sénatoriales, mais les ornements des magistratures, qu'ils ne fussent pas ainsi prostitués." "
Tacite, Annales, XI, 24: "Le prince [Claude] fut peu touché de ces raisons. Il y répondit sur-le-champ ; et, après avoir convoqué le sénat, il les combattit encore par ce discours : "Mes ancêtres, dont le plus ancien, Clausus, né parmi les Sabins, reçut tout à la fois et le droit de cité romaine et le titre de patricien, semblent m'exhorter à suivre la même politique en transportant ici tout ce qu'il y a d'illustre dans les autres pays. Je ne puis ignorer qu'Albe nous a donné les Jules, Camérie les Coruncanius, Tusculum les Porcius, et, sans remonter si haut, que l'Étrurie, la Lucanie, l'Italie entière, ont fourni des sénateurs. Enfin, en reculant jusqu'aux Alpes les bornes de cette contrée, ce ne sont plus seulement des hommes, mais des nations et de vastes territoires que Rome a voulu associer à son nom. La paix intérieure fut assurée, et notre puissance affermie au dehors, quand les peuples d'au delà du Pô firent partie de la cité, quand la distribution de nos légions dans tout l'univers eut servi de prétexte pour y admettre les meilleurs guerriers des provinces, et remédier ainsi à l'épuisement de l'empire. Est-on fâché que les Balbus soient venus d'Espagne, et d'autres familles non moins illustres, de la Gaule narbonnaise ? Leurs descendants sont parmi nous, et leur amour pour cette patrie ne le cède point au nôtre. Pourquoi Lacédémone et Athènes, si puissantes par les armes, ont-elles péri, si ce n'est pour avoir repoussé les vaincus comme des étrangers ? Honneur à la sagesse de Romulus notre fondateur, qui tant de fois vit ses voisins en un seul jour ennemis et citoyens ! Des étrangers ont régné sur nous. Des fils d'affranchis obtiennent les magistratures : et ce n'est point une innovation, comme on le croit faussement ; l'ancienne république en a vu de nombreux exemples. Nous avons combattu, dit-on, avec les Sénonais. Jamais sans doute les Èques et les Volsques ne rangèrent contre nous une armée en bataille ! Nous avons été pris par les Gaulois. Mais nous avons donné des otages aux Étrusques, et nous avons passé sous le joug des Samnites. Et cependant rappelons-nous toutes les guerres ; aucune ne fut plus promptement terminée que celle des Gaulois, et rien n'a depuis altéré la paix. Déjà les moeurs, les arts, les alliances, les confondent avec nous ; qu'ils nous apportent aussi leurs richesses, et leur or, plutôt que d'en jouir seuls. Pères conscrits, les plus anciennes institutions furent nouvelles autrefois. Le peuple fut admis aux magistratures après les patriciens, les Latins après le peuple, les autres nations d'Italie après les Latins. Notre décret vieillira comme le reste, et ce que nous justifions aujourd'hui par des exemples servira d'exemple à son tour." "
Tacite, Annales, XI, 25: "Un sénatus-consulte fut rendu sur le discours du prince, et les Éduens reçurent les premiers le droit de siéger dans le sénat. Cette distinction fut accordée à l'ancienneté de leur alliance, et au nom de frères des Romains, qu'ils prennent seuls parmi tous les Gaulois. [...]"
- Les tables claudiennes -
Lyon (CIL 13, 1668). ]MAE RERVM NO[...]M SIT V[...] EQVIDEM PRIMAM OMNIVM ILLAM COGITATIONEM HOMINVM QVAM MAXIME PRIMAM OCCVRSVRAM MIHI PROVIDEO DEPRECOR NE QVASI NOVAM ISTAM REM INTRODVCI EXHORRESCATIS SED ILLA POTIVS COGITETIS QVAM MVLTA IN HAC CIVITATE NOVATA SINT ET QVIDEM STATIM AB ORIGINE VRBIS NOSTRAE IN QVO<T=D> FORMAS STATVSQVE RES P(VBLICA) NOSTRA DIDVCTA SIT QVONDAM REGES TENVERE VRBEM NEC TAMEN DOMESTICIS SVCCESSORIBVS EAM TRADERE CONTIGIT SVPERVENERE ALIENI ET QVIDAM EXTERNI VT NVMA ROMVLO SVCCESSERIT EX SABINIS VENIENS VICINVS QVIDEM SED TVNC EXTERNVS VT ANCO MARCIO PRISCVS TARQVINIVS [IS] PROPTER TEMERATVM SANGVINEM QVOD PATRE DEMARATHO C[O]RINTHIO NATVS ERAT ET TARQVINIENSI MATRE GENEROSA SED INOPI VT QVAE TALI MARITO NECESSE HABVERIT SVCCVMBERE CVM DOMI REPELLERETVR A GERENDIS HONORIBVS POSTQVAM ROMAM MIGRAVIT REGNVM ADEPTVS EST HVIC QVOQVE ET FILIO NEPOTIVE EIVS NAM ET HOC INTER AVCTORES DISCREPAT INSERTVS SERVIVS TVLLIVS SI NOSTROS SEQVIMVR CAPTIVA NATVS OCRESIA SI TVSCOS CAELI QVONDAM VIVENNAE SODALIS FIDELISSIMVS OMNISQVE EIVS CASVS COMES POSTQVAM VARIA FORTVNA EXACTVS CVM OMNIBVS RELIQVIS CAELIANI EXERCITVS ETRVRIA EXCESSIT MONTEM CAELIVM OCCVPAVIT ET A DVCE SVO CAELIO ITA APPELLITATVS MVTATOQVE NOMINE NAM TVSCE MASTARNA EI NOMEN ERAT ITA APPELLATVS EST VT DIXI ET REGNVM SVMMA CVM REI P(VBLICAE) VTILITATE OPTINVIT DEINDE POSTQVAM TARQVINI SVPERBI MORES INVISI CIVITATI NOSTRAE ESSE COEPERVNT QVA IPSIVS QVA FILIORVM EI[VS] NEMPE PERTAESVM EST MENTES REGNI ET AD CONSVLES ANNVOS MAGISTRATVS ADMINISTRATIO REI P(VBLICAE) TRANSLATA EST QVID NVNC COMMEMOREM DICTATVRAE HOC IPSO CONSVLARI IMPERIVM VALENTIVS REPERTVM AD MAIORES NOSTROS QVO IN A[S]PERIORIBVS BELLIS AVT IN CIVILE MOTV DIFFICILIORE VTERENTV[R] AVT IN AVXILIVM PLEBIS CREATOS TRIBVNOS PLEBEI QVID A CONSVLIBVS AD DECEMVIROS TRANSLATVM IMPERIVM SOLVTOQVE POSTEA DECEMVIRALI REGNO AD CONSVLES RVSVS REDITVM QVID IN [PL]VRIS DISTRIBVTVM CONSVLARE IMPERIVM TRIBVNOSQVE MIL[ITV]M CONSVLARI IMPERIO APPELLATOS QVI SENI ET SAEPE OCTONI CREARENTVR QVID COMMVNICATOS POSTREMO CVM PLEBE HONORES NON IMPERI(I) SOLVM SED SACERDOTIORVM QVOQVE IAM SI NARREM BELLA A QVIBVS COEPERINT MAIORES NOSTRI ET QVO PROCESSERIMVS VEREOR NE NIMIO INSOLENTIOR ESSE VIDEAR ET QVAESISSE IACTATIONEM GLORIAE PROLATI IMPERI VLTRA OCEANVM SED ILLOC POTIVS REVERTAR CIVITATEM [ P]OTEST SANE NOVO M[ORE] ET DIVVS AVG[VSTVS AV]ONC[VLVS!] MEVS ET PATRVVS TI(BERIVS) CAESAR OMNEM FLOREM VBIQVE COLONIARVM AC MVNICIPIORVM BONORVM SCILICET VIRORVM ET LOCVPLETIVM IN HAC CVRIA ESSE VOLVIT QVID ERGO NON ITALICVS SENATOR PROVINCIALI POTIOR EST IAM VOBIS CVM HANC PARTEM CENSVRAE MEAE ADPROBARE COEPERO QVID DE EA RE SENTIAM REBVS OSTENDAM SED NE PROVINCIALES QVIDEM SI MODO ORNARE CVRIAM POTERINT REICIENDOS PVTO ORNATISSIMA ECCE COLONIA VALENTISSIMAQVE VIENNENSIVM QVAM LONGO IAM TEMPORE SENATORES HVIC CVRIAE CONFERT EX QVA COLONIA INTER PAVCOS EQVESTRIS ORDINIS ORNAMENTVM L(VCIVM) VESTINVM FAMILIARISSIME DILIGO ET HODIEQVE IN REBVS MEIS DETINEO CVIVS LIBERI FRVANTVR QVAESO PRIMO SACERDOTIORVM GRADV POSTMODO CVM ANNIS PROMOTVRI DIGNITATIS SVI INCREMENTA VT DIRVM NOMEN LATRONIS TACEAM ET ODI ILLVD PALAESTRICVM PRODIGIVM QVOD ANTE IN DOMVM CONSVLATVM INTVLIT QVAM COLONIA SVA SOLIDVM CIVITATIS ROMANAE BENIFICIVM CONSECVTA EST IDEM DE FRATRE EIVS POSSVM DICERE MISERABILI QVIDEM INDIGNISSIMOQVE HOC CASV VT VOBIS VTILIS SENATOR ESSE NON POSSIT TEMPVS EST TI(BERI) CAESAR GERMANICE DETEGERE TE PATRIBVS CONSCRIPTIS QVO TENDAT ORATIO TVA IAM ENIM AD EXTREMOS FINES GALLIAE NARBONENSIS VENISTI TOT ECCE INSIGNES IVVENES QVOT INTVEOR NON MAGIS SVNT PAENITENDI SENATORES QVAM PAENITET PERSICVM NOBILISSIMVM VIRVM AMICVM MEVM INTER IMAGINES MAIORVM SVORVM ALLOBROGICI NOMEN LEGERE QVODSI HAEC ITA ESSE CONSENTITIS QVID VLTRA DESIDERATIS QVAM VT VOBIS DIGITO DEMONSTREM SOLVM IPSVM VLTRA FINES PROVINCIAE NARBONENSIS IAM VOBIS SENATORES MITTERE QVANDO EX LVGVDVNO HABERE NOSTRI ORDINIS VIROS NON PAENITET TIMIDE QVIDEM P(ATRES) C(ONSCRIPTI) EGRESSVS ADSVETOS FAMILIARESQVE VOBIS PROVINCIARVM TERMINOS SVM SED DESTRICTE IAM COMATAE GALLIAE CAVSA AGENDA EST IN QVA SI QVIS HOC INTVETVR QVOD BELLO PER DECEM ANNOS EXERCVERVNT DIVOM(!) IVLIVM IDEM OPPONAT CENTVM ANNORVM IMMOBILEM FIDEM OBSEQVIVMQVE MVLTIS TREPIDIS REBVS NOSTRIS PLVS QVAM EXPERTVM ILLI PATRI MEO DRVSO GERMANIAM SVBIGENTI TVTAM QVIETE SVA SECVRAMQVE A TERGO PACEM PRAESTITVERVNT ET QVIDEM CVM AD CENSVS NOVO TVM OPERE ET INADSVETO GALLIS AD BELLVM AVOCATVS ESSET QVOD OPVS QVAM ARDVVM SIT NOBIS NVNC CVM MAXIME QVAMVIS NIHIL VLTRA QVAM VT PVBLICE NOTAE SINT FACVLTATES NOSTRAE EXQVIRATVR NIMIS MAGNO EXPERIMENTO COGNOSCIMVS