Hasdrubal débauche les Celtibères [printemps -212]
Hasdrubal débauche les Celtibères
Au cours de la seconde Guerre Punique, les Celtibères ont brillé par leur inconstance. Ainsi, après trahi Hasdrubal pour rejoindre Scipion, les Celtibères sont, au cours du printemps 212 av. J.-C., débauchés par Hasdrubal Barca. Tite-Live (Histoire Romaine, XXV, 32) explique ce nouveau revirement par le fait qu'Hasdrubal paya les Celtibères pour rester neutre autant que les Romains les payaient pour combattre à leur côté. Les Celtibères préférant regagner leurs foyers cédèrent aux Carthaginois et Scipion ne parvint à les retenir.
Tite-Live, Histoire Romaine, XXV, 32 : " Hasdrubal ne tarda pas à s'apercevoir qu'il y avait peu de Romains dans l'armée ennemie, et que son unique ressource était le secours des Celtibères. Il connaissait toute la perfidie naturelle aux barbares, et principalement à toutes les nations parmi lesquelles il faisait la guerre depuis tant d'années. Les communications étaient faciles, les deux camps étant remplis d'Espagnols : en conséquence, il traite secrètement avec les chefs des Celtibères, et les engage, par l'appât d'une forte récompense, à emmener leurs troupes. La proposition ne leur parut point odieuse, car il ne s'agissait pas de tourner leurs armes contre les Romains. On leur offrait d'ailleurs, pour ne pas faire la guerre, une somme aussi forte que pour la faire. Enfin l'idée du repos, le plaisir de revoir leurs foyers, leur famille et tout ce qui leur était cher, flattaient les soldats. Aussi la multitude fut-elle aussi facilement gagnée que les chefs, outre qu'ils ne craignaient pas que les Romains, en si petit nombre, les retinssent par la violence. Cet exemple devra inspirer à jamais la défiance aux généraux romains: c'est une leçon mémorable qui leur apprendra à ne compter sur les secours étrangers que lorsqu'ils auront dans leur camp plus de forces et plus de troupes en propre. Tout à coup les Celtibères enlèvent leurs étendards et se retirent, sans répondre autre chose aux questions des Romains qui les suppliaient de rester, si ce n'est qu'ils sont rappelés par la nécessité de défendre leurs foyers. Scipion, qui n'avait pu retenir ses alliés ni par les prières ni par la force, qui se voyait ainsi hors d'état de tenir tête aux Carthaginois et dans l'impossibilité de rejoindre son frère, jugea que le parti le plus sage était de rétrograder autant que possible, et d'éviter avec le plus grand soin tout engagement en plaine avec les ennemis, qui avaient passé le fleuve et serraient déjà de près sa retraite."
En 210 av. J.-C., à l'occasion d'un discours de Scipion l'Africain, l'inconstance des Celtibères est considérée comme l'un des causes des défaites romaines en Espagne.
Tite-Live, Histoire Romaine, XXVI, 41 : "Les alliés de nos ennemis, maltraités par eux, implorent notre appui par des ambassadeurs. Leurs trois généraux, divisés d'opinion, et près de s'abandonner mutuellement, ont partagé leurs troupes en trois corps et les ont conduites dans des contrées fort éloignées les unes des autres. Elle pèse aussi sur eux, cette mauvaise fortune qui naguère nous accabla : ils sont abandonnés de leurs alliés comme nous l'avons été des Celtibères ; et ils ont divisé leurs forces par la même faute qui a perdu mon père et mon oncle."
Sources
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
Liens analogiques
• Celtibères [ peuples celtes de la péninsule ibérique (Les) ]