Le siège et la bataille de Noviodunum (début 52 av. J.-C.)
Après avoir pris et détruit Cenabum, les Romains reprirent leur route pour gagner le territoire des Boïens, pour secourir Gorgobina assiégée par Vercingetorix. Sur leur route, sur le territoire des Bituriges, les Romains assiégèrent l'oppidum de Noviodunum(1). Immédiatement, n'ayant aucun espoir de sortir vainqueurs de ce siège, les habitants de la place déléguèrent des représentants auprès de César, afin de négocier leur reddition. Souhaitant régler promptement cette affaire, César accepta cette capitulation, mais réclama en contrepartie que lui soient livrés toutes les armes et les chevaux, mais aussi des otages (Guerre des Gaules, VII, 12).
Pendant que les habitants de Noviodunum s'acquittaient de leurs engagements, ils apprirent que Vercingetorix avait levé le siège de Gorgobina pour se porter à leur secours, et que se présentaient déjà au loin la cavalerie gauloise, qui précédait de peu le reste de l'armée. Ainsi, alors que des centurions et d'autres soldats étaient entrés dans la ville afin de veiller au respect du traité, les habitants prirent soudainement les armes, fermèrent les portes de la villes et prirent position sur les remparts. In extremis, les centurions romains parvinrent à prendre le contrôle des portes de l'oppidum et à s'extraire de cette place devenue hostile (Guerre des Gaules, VII, 12).
Compte-tenu de la situation, César engagea sa cavalerie, contre celle des Gaulois. Le premier choc fut favorable à ces derniers, si bien que pour y remédier, César fit intervenir 600 cavaliers germains (2), ce qui lui permit de reprendre le dessus. En conséquence, la cavalerie gauloise se replia, contraignant les habitants de Noviodunum à capituler définitivement (Guerre des Gaules, VII, 13).
Immédiatement après ce nouveau succès, César fit marcher ses troupes en direction d'Avaricum (Bourges) et de son riche territoire. Conscient que cette succession de défaites subies par les Gaulois insurgés relevait tout autant d'une impréparation, que de tactiques défaillantes, Vercingetorix établit une nouvelle stratégie pour combattre les Romains.
Notes
(1) La localisation de cet oppidum est discutée. Trois sites sont communément identifiés comme ayant été l'ancienne Noviodunum ; Neung-sur-Beuvron (Loir-et-Cher), Neuvy-sur-Barangeon (Cher) et Pierrefitte-sur-Sauldre (Loir-et-Cher).
(2) Il s'agissait très probablement d'auxiliaires ubiens.
César, Guerre des Gaules, VII, 12 :"Vercingétorix, à la nouvelle de l'approche de César, lève le siège et part au-devant de lui. Celui-ci avait résolu d'assiéger Noviodunum, ville des Bituriges, placée sur sa route. Des députés en étaient sortis pour le prier de leur pardonner et de leur conserver la vie ; César, pour terminer l'expédition avec cette promptitude qui avait fait le succès de ses précédentes, leur ordonne de lui apporter les armes, de lui amener les chevaux, de lui donner des otages. Une partie des otages avait déjà été livrée, et le reste du traité s'exécutait en présence des centurions et de quelques soldats qu'on avait introduits dans la place pour recueillir les armes et les chevaux, lorsqu'on aperçut au loin la cavalerie des ennemis qui précédait l'armée de Vercingétorix. Dès qu'ils l'aperçoivent et qu'ils ont l'espoir d'être secourus, les habitants poussent un cri et commencent à prendre les armes, à fermer les portes et à border le rempart. Les centurions qui étaient dans la ville, comprenant aux mouvements des Gaulois qu'ils trament quelque nouveau dessein s'emparent des portes l'épée à la main et se retirent sans perte ainsi que tous leurs soldats."
César, Guerre des Gaules, VII, 13 :"César fait sortir du camp sa cavalerie et engage le combat avec celle des Gaulois. La nôtre commençant à plier, il la fait soutenir par environ six cents cavaliers germains qu'il s'était attachés depuis le commencement de la guerre. Les Gaulois ne purent soutenir leur choc, prirent la fuite et se replièrent sur leur armée avec beaucoup de pertes. Cette déroute ayant jeté de nouveau la terreur dans la ville, les habitants saisirent ceux qu'ils crurent avoir excité le peuple, les amenèrent à César et se rendirent à lui. Cette affaire terminée, César marcha sur Avaricum, la plus grande et la plus forte place des Bituriges, et située sur le territoire le plus fertile ; il espérait. que la prise de cette ville le rendrait maître de tout le pays."