Boudiga - Déesse gauloise attestée à Bordeaux, sur une inscription datée de 237 ap. J.-C. (AE 1922, 116), trouvée sur les vestiges d'un temple gallo-romain (aujourd'hui disparu). Sur cette inscription, elle est assimilée à la déesse romaine Tutela, protectrice des villes, biens et personnes. Ce théonyme s'explique par le gaulois *boudi-, qui signifie "victoire, gain, butin, avantage, profit". Son nom pourrait donc se traduire par "la victorieuse" ou "la (pourvoyeuse) de profit" et invite à un rapprochement avec celui des Matrones Boudunneihae de Cologne, et de la déesse Boudina de Liesenich et Pantenburg. De part son nom et son assimilation à Tutela, on peut déduire que Boudiga avait pour fonction d'assurer la protection, la prospérité et l'enrichissement de la cité.
Bordeaux (AE 1922, 116) DEAE TVTEL(A)E BOVDIG(AE) M(ARCVS) AVR(ELIVS) LVNARIS IIIIIIVIR AVG(VSTALIS) COL(ONIARVM) EBOR(ACENSIS) ET LIND(I) PROV(INCIAE) BRIT(ANNIAE) INF(ERIORIS) ARAM QVAM VOVER(AT) AB EBORACO AVECT(VS) V(OTVM) S(OLVIT) L(IBENS) M(ERITO) PERPETVO ET CORNE(LIANO)
"À la déesse Tutela Boudiga, Marcus Aurelius Lunaris, sévir augustal des colonies d'Eboracum et de Lindum dans la province de Bretagne inférieure, a édifié cet autel à son départ d'Eboracum, comme il en avait fait le voeu. Il s'est acquitté de son voeu, de bon gré, comme il se doit. (Lucius Marius) Perpetuus (et Lucius Mummius Felix) Cornelianus (étant consuls)."