En décrivant l'Europe, je commencerai par celles des colonnes d'Hercule qui sont dans cette partie du monde ; et je décrirai l'espace qui les sépare de celles qui sont en Libye jusqu'aux grands Ethiopiens. Ces colonnes sont éloignées les unes des autres d'un jour de navigation. Au delà de celles des colonnes d'Hercule qui sont en Europe, les Carthaginois possèdent beaucoup de ports, de Comptoirs, d'arsenaux et de mers.
Les premiers peuples de l'Europe qui se présentent sont les Ibères, nation indigène, dont le territoire est baigné par le fleuve Ibère. Là, sont deux isles, qui portent le nom de Gadès. Dans l'une d'elles est une ville éloignée d'un jour de chemin des lcolonnes d'Hercule.(1) On y voit aussi une ville grecque appelée Emporion (2). Elle a été peuple par une colonie de Marseillais. Les côtes de l'Ibérie comportent une navigation de sept jours et de sept nuits.
A la suite des Ibères sont les Ligures dont la population est mélangée avec celle des premiers ; ils s'étendent jusqu'au fleuve Rhodanos (3). La navigation des Ligures depuis Emporion jusqu'au Rhodanos, est de deux jours et deux nuits. Au delà de ce fleuve, sont les Ligures proprement dits; lesquels s'étendent jusqu'au fleuve Arnum (4) ; il est une ville grecque appelée Marseille, avec un port [...] (5) Telles sont les colonies fondées par les Marseillais. L'espace qui sépare le fleuve Rhodanos de l'Arnum, est de quatre jours et quatre nuits de navigation. Toute la côte qui s'étend des colonnes d'Hercule jusqu'à l'Arnum, est couverte de ports vastes et commodes.
Lorsque vous avez passé l'Arnum, vous trouvez les Tyrrhéniens nation puissante qui s'étend jusqu'à la ville de Rome. On emploie quatre jours et quatre nuits à parcourir leurs côtes.
Vis-à-vis des Tyrrhéniens est l'isle de Corse. Les navigateurs mettent un jour et demi à franchir l'espace qui les sépare. Vous trouvez à moitié chemin une isle habitée, appelée Oethalie et plusieurs autres isles désertes.
De l'isle de Corse à celle de Sardaigne, il n'y a qu'un tiers de jour de chemin ; au milieu est une isle déserte. De Sardaigne en Libye, la navigation est d'un jour et d'une nuit ; mais elle est de deux jours et d'une nuit de Sardaigne en Sicile. Je reviens au continent.
Après les Tyrrhéniens viennent les Latins, qui s'étendent jusqu'à Circé. On voit chez eux le tombeau d'Elpenor, en vénération parmi ces peuples. Les côtes du pays latin présentent une navigation d'un jour et d'une nuit.
Aux Latins succèdent les Volsques, dont le pays est baigné par une étendue de mer qui peut être parcourue dans un jour.
A la suite de ces derniers, sont les Campaniens, qui habitent deux villes grecques, Cyme et Neapolis. Vis-à-vis est l'isle Pithecousa, sur laquelle est construite, une ville grecque. La côte des Campaniens est d'un jour de navigation.
Ils ont pour voisins les Samnites, dont la côte petit être parcourue dans un jour et demi. On trouve ensuite les Lucaniens, qui s'étendent jusques aux Thuriens. Les côtes de la Lucanie ne peuvent être parcourues qu'en six jours et six nuits. Ce pays-là est une péninsule. On y trouve plusieurs villes grecques, telles que Posidonia Eléa, colonie thurienne ; Pandosia, fondée par les Phocéens ; Terina, Hipponium, Medma et Rhegium, qui est en même temps ville et promontoire.
En face de Rhegium est l'isle de Sicile, éloignée de l'Europe de douze stades ; de Rhegium vous passez à Pelore, promontoire sicilien. Cette isle est habitée par de Grecs et par des Barbares. Les nations barbares sont les Elymiens, les Sicaniens, les Sicules, les Phéniciens et les Troyens. Les villes grecques sont Messine avec un port, Tauromanion, Naxos, Catane et la cité des Léontins. Si vous voulez aller chez ceux-ci par le fleuve Teriam, votre navigation sera de vingt stades. On trouve aussi dans cette isle le fleuve Sinethos, la ville de Mégare et le port Xiphon. A la suite de Mégare, vous trouvez la ville de Syracuse, qui a deux ports. L'un est enveloppé dans les murs même de la ville ; l'autre est en dehors. On voit ensuite la ville d'Elore et le promontoire Pachin. A la suite de ce promontoire, ou trouve les villes grecques de Camarine, de Gela, d'Agrigente, de Selinous, et le promontoire de Libye, à la suite duquel est la ville d'Himera, bâtie par les Grecs.
L'isle de Sicile est de forme triangulaire, et ses côtes sont d'environ deux mille cinq cents stades d'étendue. En face de la ville d'Himera est l'isle de Lipara, et plus loin la ville Mylé, construite par des Grecs. De Mylé à Lipara, la navigation est d'une demi-journée ; mais je retourne au continent.
Après la ville de Rhegium, on trouve celle de Locres, de Caulonia, de Crotone, de Sybaris et de Thurium ; le temple : de Lacinium, l'isle de Calypso, qu'Ulysse a habitée avec la déesse de ce nom, et le fleuve Crathis. Tous ceux qui habitent la Lucanie sont Grecs.
Viennent ensuite les Iapiges, qui s'étendent jusqu'au mont Arion, dans le golf Adriatique. On peut parcourir les côtes de la Iapigie en six jours et six nuits ; ces peuples sont Grecs, et les villes qu'ils habitent sont Héraclée, Métaponte, Tarente, et le port d'Hydros, placé à l'embouchure même du golf Adriatique, ou mer Ionienne.
Après les Iapiges, lorsque vous avez franchi le mont Arion, vous trouvez la nation des Daunites. Ces peuples sont divisés en plusieurs langues ; les tribus qui les composent sont les Lateriens, les Opiques, les Cramones, les Ferentins, et les Peucetins, qui s'étendent depuis la mer Tyrrhénienne jusqu'à Adria. Toutes leurs côtes peuvent être parcourues en deux jours et deux nuits.
Les Ombriens occupent le pays qui touche aux Daunites. La ville qu'ils habitent s'appelle Ancône Ce peuple a une vénération particulière pour Diomède, dont il prétend avoir reçu des bienfaits. Il adresse à ce héros ses' voeux dans un temple qu'il lui a consacré. La côte de l'Ombrie est de deux jours et d'une nuit de navigation.
En sortant du territoire des Ombriens, vous entrez sur celui des Tyrrhéniens. Ces peuples s'étendent depuis la mer qui porte leur nom, jusqu'à la mer Adriatique. La ville qu'ils habitent a été fondée par des Grecs. Elle est éloignée de vingt stades du fleuve qui baigne leur territoire. Toute la Tyrrhénie s'étend depuis la mer extérieure jusqu'au golfe Adriatique, depuis la ville de Pise (6) jusqu'à celle de Spina ; c'est-à-dire, l'espace de trois jours de chemin.
Viennent ensuite ceux des Celtes, que leurs compatriotes laissèrent ici en marchant contre les Grecs. Ils occupent le terrain qui s'étend depuis le détroit jusqu'à la mer Adriatique. Leur territoire forme précisément le fond du golfe.
On trouve alors les Vénètes, dont le territoire est baigné par le fleuve Eridan.(7) De ce fleuve à la ville de Spina, il y a un jour de navigation.
Les Istriens sont voisins des Vénètes, leur pays est arrosé par l'Ister. Ce fleuve, comme le Nil en Egypte, se dégorge dans la mer par sept bouches. Toutes les côtes des Istriens peuvent être parcourues en un jour et une nuit.
Les Liburniens, voisins des Istriens, ont plusieurs villes bâties sur le bord de la mer. Telles sont Lias, Idassa ; Attienites, Dyyrta, Halupsi, Olsi, Pedeté, Emiones. Ces peuples obéissent à des femmes. Ces princesses sont obligées d'épouser des hommes libres ; mais elles ne font aucune difficulté de se livrer à leurs propres valets, ou à des hommes de leur voisinage. Les côtes de ce pays sont semées d'isles ; les unes ont des noms, mais le plus grand nombre d'entre elles n'en ont pas encore. L'isle Istris a trois cent dix stades de long sur cent vingt de large. Celles connues sous les noms de Clitré-Litria et de Mentorides, sont les plus grandes. Là, coule le fleuve Catarbates. La côte des Liburniens est de deux jours de navigation.(8)
Les Illyriens qui habitent les bords de la mer jusqu'à la Chaonie, vis-à-vis Corcyre, isle d'Alcinous, sont limitrophes des Liburniens. Là ; est une ville grecque, nommée Héraclée avec un port. Parmi ces peuples sont des barbares(9) connus sous les noms de Hierastames, de Bulins et de Hyllins. Ces derniers, voisins des Bulins, assurent que Hyllus, fils d'Hercule, a habité leur pays. Ces barbares occupent une péninsule un peu plus petite que le Péloponnèse. Les Bulins, leurs voisins, tirent leur origine de l'Illyrie. La côte des Bulins jusqu'au golfe. Nesteon exige une navigation d'un grand jour.
En partant de ce golfe, la côte offre plusieurs sinuosités. C'est ce qui forme le golfe Manios, dont la navigation est d'un jour. Dans ce golfe sont plusieurs isles, telles que Protéras, Crateia et Olynte. Ces trois isles, voisines des isles Pharos et Issa, sont éloignées l'une de l'autre d'environ deux stades. Elles sont habitées par des Grecs qui y ont bâti des villes. Avant d'arriver au fleuve Naronos, il faut traverser une langue de terre qui s'avance dans la mer.
Il y a aussi dans le voisinage de ce pays, une isle appelée Mélité qui a. pour voisine une autre isle appelée Corcyre la noire. Cette dernière a deux promontoires ; l'un est fort éloigné de la côte ; et par l'autre, elle touche, pour ainsi dire à l'embouchure Naronos. Elle est distante de Mélité de vingt stades, et de sept stades de la côte.
Après avoir traversé le territoire des Nestéens vous trouvez le Naronos ; le lit de ce fleuve n'est pas étroit car on y fait remonter des trirèmes et d'autres vaisseaux qui vont jusqu'au grand comptoir, éloigné de quatre vingt stades de la mer. Là sont placés les Maniens, nation Illyrienne. Au delà de ce comptoir est un grand lac, qui s'étend jusqu'aux Autoriates, nation également Illyrienne. Dans ce lac est une isle de cent vingt stades de diamètre, et dont les terres sont très fertiles. Le fleuve Naronos prend sa source dans ce lac ; il s'est éloigné du Drilon d'un jour de chemin. Auprès de ce fleuve sont deux pierres (10) et un temple consacrés à Cadmus et Harmonie. En remontant le Drilon, vous trouvez la ville de Buthoë et le comptoir de Ridzon ; de Buthoë à Ipidamne, ville grecque, il y a pour un jour et une nuit de navigation ; et si vous y allez par terre, il y a pour trois jours de marche.
En sortant de Ridzon vous rencontrez les Echéléens, nation illyrienne. Ce dernier peuple habite le pays qu'on appelle Oedention ; là est la ville d'Epidamne, qui est traversée par le fleuve Palamnos. D'Epidamne à Apollonie, ville grecque, il y a deux jours de chemin. Apollonie, au milieu de laquelle coule le fleuve Aeas, qui prend sa source dans la montagne du Pinde, est éloignée de la mer de cinquante stades, et de trois cent-vingt stades de la ville d'Amante. La ville d'Oricia, chef lieu des Oriciens, située dans le golfe Ionique, est éloignée de quatre-vingt stades de la mer, et de soixante de la ville d'Amante. On assure que ces peuples ont pour voisins, dans les terres, les Atintates, placés au dessus de l'Orithie et de la Carie, jusqu'à Hédonie, dans le pays de Casticle.(11) On trouve ensuite le champ d'Erithie ; c'est-là, dit-on, que Geryon vint faire paître ses boeufs. Près de ce lieu sont les monts Cérauniens en Epire, et une petite isle appelée Sason. De là, jusqu'à la ville d'Oricos, la navigation est d'un tiers de jour.
Les Oriciens habitent la région Amantias, dont les indigènes sont Illyriens ; ces derniers s'étendent depuis les Bulinéens jusque là. Quant au golfe Ionique, il s'étend depuis les monts. Cérauniens jusqu'au promontoire de Iapigie. Des monts Cérauniens jusqu'à la ville d'Hydrente en Iapigie, il y a environ cinq cents stades de navigation. Il y a plusieurs ports dans le golfe Adriatique, que l'on appelle indifféremment golfe Ionique.
Les Chaoniens viennent à la suite des Illyriens. Ces peuples habitent par bourgades, et la région qu'ils occupent a des ports très commodes. La côte n'est que d'un demi-jour de navigation. En face de la Chaonie est l'isle de Corcyre, dans laquelle sont une ville grecque et trois ports voisins l'un de l'autre. Cette isle est plus près de la Thesprotie que la Chaonie ; mais retournons au continent dont nous venons de sortir.
Les Thesprotiens sont au-dessus des Chaoniens. Ces peuples habitent aussi par bourgades, et leur pays a également plusieurs ports. Le principal s'appelle Elée ; il est situé au confluent de l'Achéron, qui tire sa source du Palus du même nom. On peur parcourir en une demi-journée la côte de la Thesprotie.
Viennent ensuite les Cassopiens, qui habitent également par bourgades, et qui s'étendent jusqu'au golfe Anactorium. Leur côte est d'une demi-journée de navigation. Ce golfe, depuis son embouchure jusqu'à l'extrémité de sa profondeur, n'est pas moins de cent vingt stades. Son ouverture est de quatre stades.
Les Molosses, qui suivent les Cassopiens, et qui, comme eux, sont réunis en bourgades, s'étendent par une langue de terre fort étroite jusqu'à la mer. La plus grande partie de la nation habite l'intérieur des terres. Toute la côte du pays des Molosses est de quarante stades.
Ambracie, ville grecque est située sur les confins de cette région (12), éloignée de quatre-vingt stades de la mer, à laquelle elle est néanmoins réunie par un mur; elle a un très beau port. C'est là que commence le territoire de la Grèce, qui s'étend jusqu'au fleuve Penée, sur les bords duquel a été bâtie la ville dé Magnésie. Toute la côte de l'Ambracie comprend un espace de cent vingt stades.
On entre alors sur le territoire de l'Acarnanie. Là sont la ville d'Argos, bâtie par Amphiloque ; le fleuve Euripe, l'Ouridte dans l'Iconium et au-delà du golfe Anactorium, la ville de ce nom ; le port Acta, et la ville de Leucate avec un port. Ses murs se prolongent jusqu'au promontoire de Leucate. Elle était autrefois plus éloignée de la mer, et ses habitants s'appelaient Epileucadiens. Mais une violente sédition s'étant élevée chez les Acarnaniens, et ceux-ci ayant été obligés de demander aux Corinthiens mille de leurs concitoyens pour réparer leur population affaiblie par les guerres civiles, ces nouveaux colons tuèrent ceux qui les avaient appelés et s'emparèrent de leur territoire, qu'ils habitent actuellement. L'isthme qui réunissait l'Acarnanie à la terre, ayant été rompu, cette région est devenue une isle. On trouve ensuite la ville de Pheres, vis-à-vis de laquelle est l'isle d'Ithaque où est une ville et un port ; puis l'isle de Céphalonie : mais je retourne au continent d'où j'étais sorti.
On trouve aussi dans l'Acarnanie la ville d'Alyze, voisine de l'isle de Karnos, la ville d'Astaque avec un port, celle d'Oeniades, et le fleuve Achelous. Les Acarnaniens ont plusieurs autres villes au milieu des terres. Leur côte, sur laquelle sont des ports fort commodes, peut être parcourue en deux jours. Elle est semée de plusieurs isles, que l'Achelous réunit quelquefois au continent lorsqu'il charrie des monceaux de sable. Ces isles s'appellent Echinades et ne sont pas habitées.
L'Aetolie, qui suit l'Acarnanie, a pour villes Calydon, Ancyrne et Molycrie. Le golfe Delphique, qui fait partie de cette région, a une embouchure de dix stades. C'est dans ce golfe qu'est la ville de Naupacte et un temple (13). Les Aetoliens ont d'ailleurs plusieurs autres villes situées au milieu des terres, Leur côte peut être parcourue en un jour de navigation ; mais dans l'intérieur des terres, cette région s'étend jusqu'aux Oenianes et au-delà de toute la Locride.
Parmi les Loériens, il en est qui portent le nom d'Ozoles. Leurs villes maritimes sont Evanthe et Amphisse ; mais ils en ont aussi au milieu des terres. Leur côte est d'un demi-jour de navigation.
Les Phocéens, sur le territoire desquels est le champ de Kouros et le temple d'Apollon, sont voisins des Locriens. Là est la ville de Delphes et celle d'Anticyre si célèbre par la bonté et son ellébore Leur côte est de la même étendue que la précédente.
On entre alors dans le pays des Béotiens, dont les villes sont Corsia, Siphé, le port Curetre et le bourg Béotique (14). Leur côte n'exige pas une demi-journée de navigation.
La nation mégarienne, limitrophe des Béotiens, a pour villes Agosthene, Peges, Aris et le bourg Gerania. Toute cette côte est de cent stades. On trouve alors la ville de Corinthe, et l'isthme de ce nom sur lequel est le temple de Junon.
En sortant du territoire de Mégare, vous entrez dans le Péloponnèse. De cette mer jusqu'à la nôtre, la route, en traversant l'isthme, est de quarante stades. La côte, qui est pleine de sinuosités, peut être parcourue en moins d'une demi-journée.
La ville de Sicyone, dont la côte est de cent vingt stades, est voisine du territoire de Corinthe, On trouve ensuite la nation achéenne, qui habite les villes de Pellène, Aegire, Aegium, Aegès, Rhypé, Patras, Dyme, et le promontoire de Rhium. L'étendue de la côte des Achéens est de sept cent stades.
L'Elide, baignée par le fleuve Alphée, touche à l'Achaïe. Cette région, dont la côte, qui s'étend jusqu'aux Lepreates, a sept cents stades d'étendue, et possède plusieurs villes maritimes. La principale est Cyllène, avec un port. Ces peuples ont aussi plusieurs villes dans l'intérieur des terres. Vis-à-vis l'Elide est l'isle de Zacynthe, dans laquelle est une ville avec un port.
Vient ensuite l'Arcadie, dont le territoire s'étend jusqu'à la mer à l'Eprée, elle possède plusieurs grandes villes méditerranées, telles que Tegée, Mantinée, Herée, Orchomène et Stymphale. Sa côte est de cent stades.
Celle de la Messénie a deux fois plus d'étendue. Ses principales villes sont Messène, le port Cyparisse, éloigné de la mer de sept stades; et Ithome, dans l'intérieur des terres, et éloigné de la mer de quatre-vingt stades.
Le pays de Lacédémone touche à celui des Messéniens. Les principales villes de cette région sont Asine, Métone, le port d'Achille et celui de Psamathe, qui lui est opposé. Au milieu de ces deux ports sont, le temple de Neptune, qui domine sur la mer ; Tainare, la ville de Las avec un port, celle de Cythium, où est un port et un arsenal ; celle de Boea, le promontoire Malée et le fleuve Eurotas. Non loin de cette côte est l'isle de Crète et celle de Corcyre, dans laquelle est une ville et un port. Après avoir franchi le promontoire Malée, vous trouvez les villes de Sida, Epidaure, Prasia et Methana, toutes trois avec un port. Les Lacédémoniens ont plusieurs autres villes, tant maritimes que méditerranées (15). Leur côte est de trois journées de navigation.
Le pays de Lacédémone est de toutes les régions de l'Europe celle qui est le plus près de l'isle de Crète, car l'un n'est séparé de l'autre que par une journée de navigation. Sur le promontoire de Crète, est la ville de Phalasarne. Vous trouvez ensuite le promontoire Criu-Metopon. Si vous naviguez vers le sud, vous découvrez la Libye. De la Chersonnèse jusqu'à la côte des Cyrénéens, il y a pour un jour et une nuit de navigation. L'isle de Crète, qui s'étend du levant au couchant ; a deux mille cinq cents stades de longueur ; mais elle est fort étroite. Cette isle est habitée par des Grecs, dont les uns sont Lacédémoniens, les autres Argiens, ceux-ci Athéniens, et ceux-là de diverses parties de la Grèce ; parmi eux sont des indigènes. Ces peuples habitent plusieurs villes dont la principale est Phalasarne, dont j'ai déjà parlé, qui est située sur le promontoire au couchant, et qui a un port fermé. Au sud est Polyrrhène, et au nord, le temple de Diane dans la province de Pergame. Au sud est aussi Hyrtacine. Au nord encore est Cydonia avec un port fermé, et la ville de Lissa avec un port près de Criu-Metopon. Au milieu des terres est la ville d'Elyce ; au nord est une très belle montagne, sur laquelle on a bâti une ville et le port d'Olus. Au nord est aussi la province d'Aptère, puis celle de Lampée, qui, baignée par le fleuve Mesapos, s'étend des deux côtés de la mer. On y trouve aussi les villes d'Osmida et d'Eleutherne. Au sud sont Sybrite avec un port, Phoestus, Gortyne et Caunus, et au nord Oaxos et Gnosse. Dans l'intérieur des terres est Lyctos, dont le territoire est baigné des deux côtés par la mer. Il en est ainsi de Praisos. Le promontoire Itanos est à l'Orient. Il y a dans cette isle plusieurs autres villes, car on assure quelle en a cent (16).
Vis-à-vis le territoire de Lacédémone sont aussi les isles Cyclades, qui sont habitées. Telles sont Melos avec un port, Timolos, Oliaros, et Sicinos, sur laquelle est une ville ; Tuera, Anaphe et Astypale (17) : mais retournons au continent.
En quittant le pays de Lacédémone, vous entrez dans celui d'Argos, où est Naupha avec un port. Les villes méditerranées de cette région sont Cléoné, Mycènes et Tirynthe La côte, qui est de cent cinquante stades, forme un golfe qu'on appelle le golfe d'Argos.
De ce golfe au territoire d'Epidaure, il n'y a que trente stades. Sur son embouchure est bâtie la ville d'Halia avec un port. Toute la côte des Argiens a cent stades d'étendue. On trouve alors la ville de Hermion qui possède une côte de quatre-vingt stades. Vous apercevez ensuite le promontoire de Scylla, qui, formant une partie de l'isthme, domine sur le golfe. Ce promontoire est du territoire de Troezène. A l'opposite est le promontoire de Sunium qui appartient à l'Attique ; vis-à-vis est l'isle de Belbine avec une ville. De l'embouchure de ce golfe jusqu'à l'isthme, dans lequel la nature l'a pratiqué, il y a sept cent quarante stades; il est d'ailleurs fort étroit vers son embouchure. La ville de Troezène (18), que l'on trouve ensuite, a un port, et la côte qui en dépend a trente stades d'étendue. De là on appelait l'isle de Calaurée, de trois cents stades de diamètre, et sur laquelle on a construit une ville et un port. Près de là et aussi l'isle d'Egine, avec une ville et deux ports; mais je reprends la description, du continent.
En sortant de la Troezenie, vous rencontrez la ville d'Epidaure avec un port (19). Son territoire présente une côte de trente stades. Vous abordez ensuite cette partie du territoire des Corinthiens qui regarde le soleil levant, la ville de Chenchrée, l'isthme et le temple de Neptune. C'est-là que se termine le Péloponnèse. Les Corinthiens possèdent encore du territoire au-delà de l'isthme, avec les villes de Sidos et de Kremmuon. La côte qui comprend tout le territoire des Corinthiens jusqu'à celui de Mégare, est de trois cents stades.
Dans cette dernière région est la ville de Mégare avec un port, et celle de Nisa (20). Toute la côte de Mégaréens, jusqu'à Apidos, la dernière place des Athéniens de ce côté-là, est de cent quarante stades. On rencontre alors les villes athéniennes, dont la première est Eleusis, avec un temple et un monument élevés à Cérès. Vis-à vis est l'isle de Salamine avec une ville et un port. Viennent ensuite le Pirée, qui a trois ports, le bourg de ce nom et la ville d'Athènes ; puis Anaphlystos avec un port, et le promontoire de Sunium avec un bourg et deux ports. L'Attique, dont la côte a onze cent quarante stades d'étendue, possède plusieurs autres ports. Du territoire d'Epidos jusqu'à Sunium, il y a [...] stades (21) ; et de Sunium jusques aux confins de la Béotie, six cent cinquante.
Vis-à-vis l'Attique sont les Cyclades, isles peuplées, et sur lesquelles on a bâti des villes. Ces isles sont Ceos, qui a quatre villes ; Poinesse avec un port, Koresia, Ioulis et Cartheia ; Helène, avec une ville, Seriphe avec une ville et un port ; Siphnos, Paros avec un port, dont, l'un est très beau ; Naxos, Délos, Rhené, Scyros et Mycene avec deux villes ; Tenos et Andros, chacune avec un port. Sous le vent de ces isles en sont d'autres, telles qu'à l'ouest, Ios avec un port, et dans laquelle Homère a été enterré (22) ; Amorgos qui a trois villes et un port ; et Icare qui a deux villes. Lorsqu'on a passé l'isle d'Andros, on trouve celle d'Eubée où sont quatre villes, Caryste Eretrie, Chalcis et Persée; ces trois dernières ont chacune un port. La longueur de l'Eubée depuis le temple de Jupiter Cenéen jusqu'à celui de Neptune de Gereste, est de mille trois cent cinquante stades, sa largeur est fort modique. Il y a aussi des isles dans la mer Egée. Vis-à-vis Eretrie est celle de Scyros avec une ville ; Icos, où sont deux villes ; Peparethos, qui a trois villes et Sciathos, qui a deux villes et un port. Je reprends mon voyage du continent.
Après les Athéniens viennent les Béotiens, qui s'étendent jusqu'à la mer, dont je viens de parler. Le premier monument qu'on trouve est le temple de Delios. On y voit ensuite le temple d'Auliss, l'Euripe, la ville d'Arthedon, celle de Thèbes, Thespis, et Orchomène, dans l'intérieur des terres. Cette région a plusieurs autres villes. Ses côtes, depuis Delios jusqu'au Mont-Blanc, sont de deux cent cinquante stades.
Ils ont pour voisins les Locriens, dont le territoire est de deux cents stades d'étendue. Ils ont plusieurs villes. Celles qui font face à l'Eubée ont Larymne, Cynosure et Alopé. Au-delà sont les Phocéens, dont la côte a la même étendue, et qui habitent les villes maritimes de Thronium, Cnemis, Elatée et Panope Ils ont plusieurs autres villes situées dans l'intérieur des terres.
Ici sont les Méliens et le golfe Méliaque. Sur ce golfe sont des peuples qu'on appelle Limodoriens, et qui habitent les villes d'Erinos, Boion et Cytinium. Là, sont les Thermopyles, Trachis, l'Oeta, Héraclée, et le fleuve Sperchion.
Plus loin sont les Maliens, dont la première ville qui s'offre sur votre passage, est Larnia et la dernière Echinos. Ces peuples possèdent plusieurs autres villes jusqu'au golfe Maliaque. Au-dessus d'eux, dans l'intérieur des terres, sont les Anianes, dont les terres sont arrosées par le Sperchion, dont les eaux vont se décharger dans la mer au-delà du golfe Maliaque.
Les Achéens sont une nation originaire de la Pthiotide. Les villes que ces habitent, au milieu du golfe Pagasetique, à gauche en rentrant dans la mer, sont Alitropes, Larisse, Mélitée, Démétrion et Thèbes. Ils possèdent aussi plusieurs villes au milieu des terres.
La Thessalie est limitrophe de la région qu'habitent les Achéens. Le trajet, depuis cette langue de terre qui s'avance dans la mer, jusqu'au golfe Pagasetique, est de trente stades. Les isles maritimes de la Thessalie, sont Amphanes et Pagasis et les méditerranées sont Pheres, Larisse, Pharsale, Scotuse, Cranon, le temple de Sellène, et plusieurs autres cités. Cette région, dans l'intérieur des terres, s'étend jusqu'à Tempé, des Aenianes, des Dolopes, des Maliens, des Achéens et des Magnètes. Le golfe Pagasetique, de son embouchure l'extrémité de sa profondeur, peut être parcouru en une matinée. Son ouverture à cinq stades de largeur. C'est dans ce voisinage qu'est l'isle Cicynetos avec une ville.
La nation des Magnètes qui habitent la côte, possède les villes de Iolcos, Methone, Coracé, Spalatra et Olizon avec un port. Ces cinq cités sont situées en deçà du golfe. Celles qui sont au-delà sont Meliboia, Ridzous, Eurymènes et Myres. Dans l'intérieur des terres sont les Perrhebiens, nation grecque. C'est-là que finit la Grèce, qui commence à Ambracie; mais sur la côte, toutes les différentes nations qui l'habitent, portent sur leur physionomie l'empreinte de leur origine grecque.
Au-delà du fleuve Penée sont les Macédoniens et le golfe Thermé. La première ville macédonienne que vous rencontrez, est Héraclée, Dion, Pydna et Methone, villes grecques ; Alocos, Pella, Therma, Oenea, villes grecques, les fleuves Aliacmon, Lydias, Axios et Echedore, et le promontoire de Pellène qui domine majestueusement sur la mer. C'est sur les bords de ce dernier qu'est bâtie la ville de Pella, où la cour du roi de Macédoine fait sa résidence. Plusieurs villes ont été construites sur le promontoire de Pellène. Telles sont Potidée placée au milieu même de l'isthme ; Mendé, Aphytis, Thrarnbos, Scioné et le temple de Oenastre, où sont les Dieux tutélaires du promontoire. Au delà de l'isthme on voit plusieurs autres villes qui toutes sont habitées par des Grecs. Telles sont Olynthe, Mecyberne, Sermylie, Toroné avec un port ; Dion, Thysos, Cleoné, Acrotès, Charadriée, Olophixis, Acantos, Alapta, Aréthouse et Apollonie. Là sont aussi le golfe Syrmonique, le mont Athos et le lac Bolbé. Les Macédoniens ont beaucoup d'autres villes dans l'intérieur des terres. Leur côté est hérissée de sinuosités. On peut parcourir ce golfe en deux jours.
Lorsque vous avez passé la Macédoine, vous trouvez le fleuve Strymon qui sépare cette région de la Thrace. Cette dernière s'étend depuis le Stryrnon jusqu'à l'Istros, qui tire sa source du Pont-Euxin. Les villes de Thrace sont Amphipolis, Phagres, Galepsos, Oisigmé, Sagion et plusieurs autres comptoirs. Vis-à-vis de cette dernière est l'isle de Thasos, avec une ville et deux ports, dont l'un est fermé. Non loin de Sagion sont la ville de Neapolis, celle de Daton ville grecque, bâtie par l'athénien Callistrate ; Abdère, Dicée, Maronée, et les fleuves Nestos et Coudetos. Dans le voisinage de ces villes, et dans l'intérieur de terres, sont les comptoirs de Drys et de Zoné. Près de ce dernier est l'isle de Samothrace, qui a un port ; le fleuve Hebros, les villes d'Annos avec un port et de Cypasis, les bourgs de Douriscos et Aenon : le golfe Melas et le fleuve du même nom, le comptoir de Deris, et celui de Cobrys, habité par les Cardianiens. A l'embouchure du golfe Melas, sont les deux isles d'Imbros et de Lemnos. La première a une ville, et la seconde un port. Au-delà du golfe Melas est la Chersonnèse de Thrace, dort les villes sont Cardia, Idé, Paeon, Alopeconnesos, Araples, Elaos et Sestos (23). Ici l'embouchure de la Propontide a six stades de largeur. Au fond du golfe sont les villes d'Aigospotamos, de Cressa, de Crethote et de Pactye. C'est-là que finit la Chersonnèse de Thrace. Depuis Pactye jusqu'à Carda, il y a d'une mer à l'autre, quarante stades par les défilés. Au milieu de la route est la ville d'Angora. La plus grande longueur de la Chersonnèse, depuis Cardie jusqu'à Eloeunte, est de cent cinquante stades.
Les premières villes que vous rencontrez, après avoir traversé la Chersonnèse de Thrace, sont Acté la Blanche, Tiristase, Héraclée, Ganos, Ganies, le Bourg-neuf, la ville de Perinthe, avec un port; le bourg de Daminon, et la ville de Selymbria, avec un port. De cette ville à l'embouchure du Pont-Euxin, il y a cinquante stades. Le chemin se fait par le Bosphore jusqu'au temple (24). Là, le Pont-Euxin a sept stades de largeur.
Les villes situées sur cette mer, et dépendantes de la Thrace, sont Apollonie, Mesembrie, Odesopolis et Callatis. Cette région est baignée par le fleuve Istros. Les côtes de la Thrace, depuis le Strymon jusqu'à Sestos, exigent une navigation de deux jours et de deux nuits, il en est ainsi depuis Sestos jusqu'à l'embouchure du Pont-Euxin, et la distance qui sépare ces dernier endroit du fleuve Istros, est telle qu'il faut trois jours et trois nuits pour la franchir. Ainsi, pour parcourir toutes les côtes de la Thrace, depuis le Strymon jusqu'à l'Istros, il faut employer huit jours et huit nuits (25).
La Scythie touche à la Thrace. Là, sont plusieurs villes grecques, telles que Niconion et Ophiousa Leur territoire est baigné par le fleuve Tyras. Le peuple Taurien habite une péninsule qui avance beaucoup dans la mer ; et les Grecs habitent la Tauride proprement dite, où ils occupent le promontoire de Chersonnèse et le front du Bélier, sur le promontoire de la Tauride. On trouve ensuite la Scythie propre, où les Grecs ont bâti les isles de Theudosie, Cythée, Nymphée, Panticapée, et Nyrmecion. Si vous suivez la ligne droite de l'Istre au front du Bélier, il vous faut trois jours et trois nuits de navigation pour la parcourir ; mais si vous faites la route par terre, elle est beaucoup plus longue ; car la mer coupe souvent le chemin par des sinuosités C'est dans l'un de ces petits golfes, qu'est une isle déserte, appelée Leucé, consacrée à Achille.
Du front du Bélier jusqu'à Panticapée, iI y a un jour et une nuit de navigation, et de Panticapée à l'embouchure du Palus Méotides, il y a vingt stades. On dit que le Paléus Méotide fait la moitié du Pont-Euxin. Ceux qui naviguent sur cette mer, trouvent d'abord à leur gauche les Scythes. Au-delà de la mer, dans la Tauride, jusqu'au Paléus Méotide, sont les Syrmates (26), dont le territoire est arrosé par le fleuve Tanaïs, qui sépare l'Europe de l'Asie.
Si vous rappeliez ici toutes les distances dont j'ai fait le dénombrement, et les divers espaces de temps que j'ai dit être nécessaire pour les parcourir, vous trouverez qu'en comptant cinq cents stades pour la navigation d'un jour, il vous faut cent cinquante trois jours pour parcourir toute l'Europe, depuis les colonnes d'Hercule qui sont auprès de Gadès, et en visitant les diverses sinuosités que fait la mer sur les côtes. Les plus grands fleuves de l'Europe sont le Tanaïs, l'Istros, et le Rhodanos (27),
Notes de J.-C. Poncelin de La Roche-Tilhac (1797) :
(1) - Gadès ou Gadire, dans la Boetique, aujourd'hui province d'Espagne, est très célèbre parmi les anciens géographes Cette ville fut fondée par les Tyriens, les créateurs du commerce et de la marine sur les côtes d'Europe et d'Afrique. Elle était située dans une isle peu étendue, mais jointe par une chaussée à une autre isle, que sépare de la terre ferme un canal semblable à celui d'une rivière, et à l'ouverture duquel dans la mer, un monticule isolé portait un temple consacré à Hercule. C'est-là qu'étaient les colonnes qui portaient le nom de ce héros. On ignore l'origine de ce monument mais on est porté à croire que le premier voyageur, nommé Hercule, qui ait osé aller si loin, le fit construire pour éterniser la mémoire de son audacieuse expédition. Dans la suite, un autre voyageur, ayant poussé ses découvertes jusques aux Hespérides, sur la côte d'Afrique, y consacra celles dont parlera Scylax dans ce voyage.
(2) - Le texte est ici assez obscur. Il signifie: là est un comptoir, et une ville grecque, appelée Emporien; mais ce qui prouve qu'il y a du désordre dans le texte c'est que les mots ville grecque est à l'accusatif, quoiqu'il dût être au nominatif.
(3) - C'est le Rhône.
(4) - Le texte porte jusqu'à Antium; mais Vossius croit qu'il faut substituer Arnum à Antium.
(5) - Ici manquent plusieurs lignes du texte, qui contenaient le dénombrement des colonies marseillaises.
(6) - La ville de Pise n'est pas exprimée dans le texte.
(7) - C'est le Pô.
(8) - Ici le texte est très corrompu. Nous l'avons plutôt interprété que traduit.
(9) - C'est ici pour la première fois que nous trouvons la qualification de barbares donnée aux étrangers par un auteur grec.
(10) - Ces pierres étaient sans doute un monument du nombre de ceux qui les peuples de l'antiquité étaient dans l'usage de consacrer à leurs Dieux ou à leurs héros.
(11) - Isaac Vossius remarque avec raison que cet endroit du texte est le plus corrompu de tout l'ouvrage de Scylax. Ce serait même inutilement qu'on s'efforcerait de le corriger.
(12) - La ville d'Ambracie, colonie corinthienne, était située auprès d'un golfe du même nom. Le fleuve Arethon coulait à son couchant, et au-devant était une forte citadelle. Ses murs, qui jouissaient d'une grande réputation, avaient 2268 toises de circuit.
(13) - Ce temple, bâti sur le bord de la mer, était dédié à Neptune. Auprès était un antre consacré àVénus. C'était là que les jeunes veuves venaient demander à la Déesse un nouvel époux.
(14) - C'est sans doute la ville que Scylax désigne ici par ces mots bourg Béotique, τέιχως τῶν βοιωτων, car cette ville, l'une des plus anciennes de la Grèce, existait au temps de ce géographe. Il en parle plus bas.
(15) - Il doit paraître étonnant que notre géographe ne dise pas un seul mot de la ville de Sparte, qui était la capitale de la république de Lacédémone. Cela prouve que ce qui nous reste de Scylax n'est que le sommaire d'un plus grand ouvrage.
(16) - La principale de toutes était Gnosse qui fut longtemps la capitale de l'isle. A quelque distance de cette ville, on voyait une caverne, creusée au pied du mont Ida, où l'on montrait le tombeau de Jupiter. Sur l'un des parvis de cette caverne, on lisait l'inscription suivante, tracée en anciens caractères : c'est ici le tombeau de Zeus. Ce Jupiter, qui devint dans la suite le père des Dieux, fut sans doute quelque roi fameux par ses conquêtes ou par sa législation.
(17) - Ces isles portaient le nom de Cyclades, parce qu'elles formaient une espèce de ceinture autour de Délos Sésostris, roi d'Egypte, en soumit une partie Minos ; roi de Crète, en gouverna quelques-unes par ses lois ; et les Phéniciens, les Cariens, les Perses, les Grecs, toutes les nations qui ont eu l'empire de la mer, les ont successivement conquises ou peuplés. Elles appartiennent actuellement à l'empire ottoman. Voyez plus bas.
(18) - Les Troezéniens, comme la plupart des autres Grecs étaient fort orgueilleux de leur origine. Lorsqu'un étranger arrivait dans leur ville, on ne négligeait pas de lui tracer l'histoire, vraie ou fabuleuse, de ses anciens rois, et des héros qui avaient paru dans cette contrée. On y montrait le siège où Pithée, fils de Pélops, rendait la justice; la maison où naquit Thésée, son petit-fils; celle qu'habitait Hyppolite, son temple, où les filles de Troezène déposaient leur chevelure avant de se marier ; la chapelle dédiée àVénus, où Phèdre se cachait pour le voir, lorsqu'il poussait son char dans la carrière le lieu de la sépulture de ce héros auprès du tombeau de Phèdre; enfin un édifice en forme de tente, où fut relégué Oreste pendant qu'on le purifiait.
(19) - La ville d'Epidaure était célèbre dans l'antiquité, par son temple d'Esculape On s'y rendait de toutes les parties de la Grèce, pour s'y faire guérir. Ce Dieu était représenté dans son temple, par un serpent vivant. Dans cette région, les serpents sont très familiers; et, là, comme à Pella, capitale de la Macédoine, les femmes mêmes se faisaient un plaisir d'en élever; comme nous faisons les oiseaux.Dans les grandes chaleurs de l'été, elles les entrelaçaient autour de leur cou, en forme de collier; et dans leurs orgies, elles s'en paraient comme d'un ornement, ou elles les agitaient au-dessus de leur tête.
(20) - La Mégaride séparait les états d'Athènes de ceux de Corinthe On y voyait qu'un petit nombre de villes et de bourgs. Mégare, qui en était la capitale, tenait autrefois au port de Nisée par deux longues murailles que les habitants se crurent obligés de détruire, environ un siècle avant Périclès.
(21) - Le nombre des stades manque dans le texte. La distance devait être d'environ 490 stades.
(22) - Scylax désigne ici l'isle de Chio, qui, si le texte n'est pas corrompu, s'appelait alors Ios. Les habitants de cette isle prétendaient, en effet, qu'Homère avait pris naissance chez, eux, et y était enterré. Du temps d Périclès, on y voyait encore une famille, qui, sous le nom d'Homérides, prétendait, descendre de ce poète. Ces Homérides savaient, par 'coeur tous les vers d'Homère, et s'empressaient de les réciter aux étrangers, vêtus d'une robe magnifique, et la tête couverte d'une couronne d'or.
(23) - On trouve ici dans le texte, la ville d'Abydos à côté de celle de Sestos, comme si elles étaient voisines l'une de l'autre, quoiqu'elles fussent séparées par la Propontide. C'est sans doute la faute du copiste, qui, ayant entendu parler des amours de Héro et de Léandre, a cru que les deux châteaux, où ces deux amants faisaient leur résidence étaient contigus. On sait que, quoiqu'ils fussent vis-à-vis l'un de l'autre, l'un était en Europe, l'autre en Asie.
(24) - Les anciens géographes distinguaient deux Bosphore, le Bosphore Cimmérien et le Bosphore de Thrace. Le premier joignait le Paléus Méotide au pont Euxin. Celui de Thrace séparait l'Europe de l'Asie. Sa longueur, depuis le temple de Jupiter jusqu'à Byzance, aujourd'hui Constantinople, était de cent vingt stades; mais sa largeur était inégale. C'est vers le milieu de ce canal que Darius, roi de Perse, ut passer sur un pont de bateaux, sept cent mille hommes, qu'il conduisit contre les Scythes.
(25) - L'auteur lui-même n'en compte que sept. Il y a donc erreur ou omission dans le texte.
(26) - Ce sont sans doute, les Sarmates, appelés depuis Polonais.