Cotins / Cotiniens - Peuplade de Germanie mentionnée par Tacite sous les formes Cotini et Cotinos (Germanie, XLIII), Dion Cassius sous la forme Κοτινοὶ (Histoire romaine, LXXI, 12), ou encore COTINOS sur l'éloge de Tusculum (Frascati, Italie). D'après Tacite, les Cotins étaient voisins des Oses. Tout comme ces derniers, leur territoire se situait donc sur la rive gauche du Danube, au-delà de ceux des Marcomans (Bohème) et des Quades (Moravie) (Germanie, XLIII). Ils étaient séparés des Lugiens (plateaux de Petite-Pologne) par des montagnes (Carpates occidentales) (Germanie, XLIII). Dans ce même passage, Tacite indique les Cotins et leurs voisins n'habitaient que peu les plaines et leurs préféraient les régions plus vallonnées. Ceci invite à les localiser au nord des plaines du bas-pays du Danube (Podunajská nízina, Slovaquie), dans les Carpates occidentales intérieures. Le nom des Cotins est possiblement gaulois. On peut y identifier le terme cottos qui signifie "vieux / ancien".
L'histoire ancienne de ce peuple est très mal connue. La culture tardo-laténienne dite de Púchov (IIIe s. av.-IIe s. ap. J.-C.), leur est communément attribuée (aux Oses, Anartes et Teurisques également), tout comme l'oppidum de Havránok (communes de Ruzomberok et Liptovský Mikulás, Slovaquie). Un autre peuple du même nom est connu, non-loin, en Pannonie supérieure. Aucun élément ne permet cependant de déterminer quel lien unissait les Cotins de Pannonie, avec leurs homonymes de Germanie méridionale.
Les Cotins entrèrent dans l'histoire à la toute fin du Ier s. av. J.-C., lorsqu'ils furent soumis par les Romains, aux côtés des Oses et des Anartes, dans le cadre des campagnes de Marcus Vinucius (14-12 av. J.-C.). Par la suite, leur territoire ne fut pas occupé par les Romains.
Du temps de Tacite (fin du Ier s. ap. J.-C.), les Cotins, les Oses, les Marsignes et les Bures, étaient tributaires des Quades et des Sarmates (Germanie, XLIII).
Alors que plusieurs de leurs voisins (dont les Oses) ne furent plus mentionnés par la suite, les Cotins firent parler d'eux jusqu'à la fin du IIe s. ap. J.-C. En effet, dans le cadre de son récit des guerres marcomannes (166-180 ap. J.-C.), Dion Cassius (Histoire romaine, LXXI, 12) indique qu'en 173 ap. J.-C., les Romains accédèrent aux demandes des Cotins, en contrepartie d'un soutien militaire pour affronter les Marcomans. Contre toute attente, les Cotins se retournèrent contre les Romains. Après ce dernier fait d'arme, ils ne furent plus mentionnés par les sources anciennes. Ainsi, ils semblent avoir été le dernier peuple celte autonome d'Europe continentale.
Tacite, Germanie, XLIII :"À l'arrière, les Marsignes, les Cotins, les Oses, les Bures contiennent les Marcomans et les Quades. La langue des Marsignes et des Bures et leur mode de vie les apparentent aux Suèves. Les Cotins parlent gaulois, les Oses pannonien. Voilà qui prouve bien qu'ils ne sont pas des Germains, tout comme le fait qu'ils se laissent, en tant qu'étrangers, imposer des tributs, par les Sarmates d'une part, par les Quades de l'autre. Les Cotins pour se déshonorer plus encore extraient le fer. Tous ces peuples n'occupent que peu de régions de plaines, mais ils se sont plutôt installés dans des forêts et sur des sommets et des crêtes. En effet une chaîne montagneuse continue divise de part en part la Suévie."
Dion Cassius, Histoire romaine, LXXI, 12 :"Les Astinges, conduits par Rhaos et Rhaptos, vinrent habiter la Dacie, dans l'espérance de recevoir de l'argent et des terres pour prix de leur alliance ; mais, n'ayant rien obtenu, ils mirent leurs femmes et leurs enfants en dépôt auprès de Clémens, dans l'intention d'aller conquérir les terres des Costuboces, ce qui ne les empêcha pas, lorsqu'ils eurent vaincu ce peuple, de ravager la Dacie. Mais les Dancriges, craignant que Clémens, effrayé, ne les introduisit sur le territoire qu'ils habitaient, les attaquèrent à l'improviste et remportèrent une victoire signalée, en sorte que les Astinges ne commirent plus aucun acte d'hostilité contre les Romains et demandèrent instamment à Marc-Antonin de leur donner de l'argent et des terres, à la condition pour eux de faire du mal aux peuples alors en guerre avec lui. Les Astinges remplirent une partie de leurs promesses : quant aux Cotiniens, ils firent des offres pareilles ; mais, après avoir pris pour chef Tarruténius Paternus, secrétaire pour les lettres latines de l'empereur, comme s'ils avaient eu l'intention de marcher avec lui contre les Marcomans, loin de faire la chose, ils maltraitèrent grièvement Paternus lui-même et le firent ensuite mourir."
Éloge de Tusculum (AE 1895, 122 ; 1905, 14 ; 1934, 128) [M(ARCVS) VINV]CIV[S P(VBLI) F(ILIVS)] [CO(N)S(VL) XV]VIR S(ACRIS) F(ACIVNDIS) [PR(AETOR) Q(VAESTOR)] [LEGATVS PRO] PR(AETORE) AVGVSTI CAESARIS IN [ILLYRICO] [PRIMVS T]RANS FLVMEN DAN<V=I>VIVM [PROGRESSVS] [DACORV]M ET BASTERNARVM EXER[CITVM ACIE] [VICIT FV]GAVITQVE COTINOS [OSOS ...] [...]S ET ANARTI[OS SVB POTESTATEM] [IMP(ERATORIS) CAESARIS A]VGVSTI [ET P(OPVLI) R(OMANI) REDEGIT
"A Marcus Vinucius, fils de Publius, (qui a occupé les fonctions de) consul, quindecimvir sacris faciundis, préteur, questeur, légat d'Auguste-César propréteur en Illyrie, le premier à s'est avancé au-delà du fleuve Danube, il a mené une armée contre les Daces et les Bastarnes qu'il a vaincu et mis en fuite, (et a soumis) les Cotins, les Oses, les [?] et les Anartes au pouvoir de l'empereur César-Auguste et du peuple romain."