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Encyclopédie de l'Arbre Celtique

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Encyclopédie de l'Arbre Celtique

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  • La bataille de Télamon [-225]

  • La bataille de Télamon

    Tardant à fondre sur Rome, l'armée gauloise, composée de Boîens, d'Insubres, de Taurisques, et de Gésates, rejoint le littoral. Remporte une victoire à Fiesole, mais finit par se retrouver coincée entre deux armées romaines commandaient par les consuls Emilius et Atilius. Le consul Atilius fut tué et décapité durant le combat. Polybe explique dans son texte, les chants de guerre, les carnyx, la nudité des guerriers, et l'armement des Gaulois. Longtemps incertaine la bataille fut finalement remportée par les Romains. La défaite des Gaulois fut sanglante 40.000 d'entre-eux y périrent. En commémoration de la victoire, les romains firent édifier un temple contenant un dépôt d'armes et de débris du champ de bataille. Mais laissons à Polybe le soin de nous relater la bataille:

    Polybe, Histoire, II, 6: "Le hasard voulut que dans ce temps-là même, Caius Atilius, venant de Sardaigne, débarquât ses légions à Pise, et les conduisît à Rome par une route contraire à celle des Gaulois. A Télamon, ville des Tyrrhéniens, quelques fourrageurs gaulois étant tombés sur l'avant-garde du consul, les Romains s'en saisirent. Interrogés par Atilius, ils racontèrent tout ce qui s'était passé, qu'il y avait dans le voisinage deux armées et que celle des Gaulois était fort proche, ayant en queue celle d'Émilius. Le consul fut touché de l'échec que son collègue avait souffert ; mais il fut charmé d'avoir surpris les Gaulois dans leur marche, et de les voir entre deux armées. Sur-le-champ il commande aux tribuns de ranger les légions en bataille, de donner à leur front l'étendue que les lieux permettraient, et d'aller militairement au-devant de l'ennemi. Sur le chemin il y avait une hauteur au pied de laquelle il fallait que les Gaulois passassent : Atilius y courut avec la cavalerie, et se logea sur le sommet, dans le dessein de commencer le premier le combat, persuadé que par là il aurait la meilleure part à la gloire de l'événement. Les Gaulois, qui croyaient Atilius bien loin, voyant cette hauteur occupée par les Romains ne soupçonnèrent rien autre chose, sinon que pendant la nuit Emilius avait battu la campagne avec sa cavalerie pour s'emparer le premier des postes avantageux. Sur cela ils détachèrent aussi la leur et quelques soldats armés à la légère, pour chasser les Romains de la hauteur. Mais ayant su d'un prisonnier que c'était Atilius qui l'occupait, ils mettent au glus vite l'infanterie en bataille, et la disposent de manière que, rangée dos à dos, elle faisait front par devant et par derrière ; ordre de bataille qu'ils prirent sur le rapport du prisonnier et sur ce qui se passait actuellement, pour se défendre et contre ceux qu'ils savaient être à leur poursuite, et contre ceux qu'ils auraient en tête [...] Émilius avait bien ouï parler du débarquement des légions à Pise, mais il ne s'attendait pas qu'elles seraient si proche ; il n'apprit sûrement le secours qui lui était tenu que par le combat qui se donna sur la hauteur. Il y envoya aussi de la cavalerie, et en même temps il conduisit aux ennemis, l'infanterie, rangée à la manière ordinaire [...] Dans l'armée des Gaulois, les Gésates, et après eux les Insubriens, faisaient front du côté de la queue, qu'Emilius devait attaquer ; ils avaient à dos les Taurisque et les Boïens, qui faisaient face du côté, par où Atilius devait venir. Les chariots bordaient les ailes, et le butin fut mis sur une des montagnes voisines, avec un détachement pour le garder. Cette armée à deux fronts n'était pas seulement terrible a voir, elle était encore trés propre pont l'action. Les Insubriens y paraissaient avec leurs braies, et n'ayant autour d'eux que des saies légères. Les Gésates, aux premiers rangs, soit par vanité, soit par bravoure, avaient même jeté bas tout vêtement, et, entièrement nus, ne gardèrent que leurs armes, de peur que les buissons qui se rencontraient là en certains endroits ne les arrêtassent et ne les empêchassent d'agir. Le premier choc se fit sur la hauteur et fut vu des cavaliers gaulois et romains. Au cours de la lutte, le consul Attilius, qui payait de sa personne avec une vaillance extraordinaire, trouva la mort et on apporta sa tête au roi des Gaulois [...] Malgré cela, la cavalerie romaine fit si bien son devoir, qu'elle emporta le poste, et gagna une pleine victoire sur celle des ennemis [...] L'infanterie s'avança ensuite l'une contre l'autre. Ce fut un spectacle fort singulier et aussi surprenant pour ceux qui, sur le récit d'un fait, peuvent par imagination se le mettre comme sous les yeux, que pour ceux qui en étaient témoins ; car une bataille entre trois armées à la fois est assurément une action d'une espèce et d'une manoeuvre bien particulières. D'ailleurs aujourd'hui, comme alors, il n'est pas aisé de démêler si les Gaulois, attaqués de deux côtés, s'étaient formés, de la manière la moins avantageuse ou la plus convenable. Il est vrai qu'ils avaient à combattre de deux côtés ; mais ainsi rangés dos à dos, ils se mettaient mutuellement à couvert de tout ce qui pouvait les prendre en queue, et, ce qui devait le plus contribuer à la victoire, tout moyen de fuir leur était interdit, et une fois défaits, il n'y avait plus pour eux de salut à espérer ; car tel est l'avantage de l'ordonnance à deux fronts. Quant aux Romains, voyant les Gaulois serrés entre deux armées et enveloppés de toutes parts, ils ne pouvaient que bien espérer du combat ; mais, d'un autre côté, la disposition de ces troupes et le bruit qui s'y faisait, les jetaient dans l'épouvante. La multitude des cors et des trompettes y était innombrable, et, toute l'armée ajoutant à ces instruments ses cris de guerre, le vacarme était tel que les lieux voisins, qui le renvoyaient, semblaient d'eux-mêmes joindre des cris à ce concert. Non moins effrayants par leur seule apparence et par leurs cris étaient les guerriers nus alignés en avant, hommes d'une stature exceptionnelle et dans la pleine forme de leur âge ; outre qu'il n'y en avait point dans les premières compagnies, qui n'eût le corps et les bras ornés de colliers et de bracelets d'or. A l'aspect de cette armée les Romains ne purent à la vérité se défendre de quelque frayeur, mais l'espérance d'un riche butin enflamma leur courage.Les archers s'avancèrent sur le front de la première ligne, selon la coutume des Romains, et commencent l'action par une grêle épouvantable de traits. Les Gaulois des derniers rangs n'en souffrirent pas extrêmement, leurs braies et leurs saies les en défendirent ; mais ceux des premiers, qui ne s'attendaient pas à ce prélude, et qui n'avaient rien sui leur corps qui les mit à couvert, en furent très incommodés. Ils ne savaient que faire pour parer les coups : leur bouclier n'était pas assez large pour les couvrir ; ils étaient nus, et plus leurs corps étaient grands, plus il tombait de traits sur eux. Se venger sur les archers mêmes des blessures qu'ils recevaient, cela était impossible, ils en étaient trop éloignés ; et d'ailleurs, comment avancer au travers d'un si grand nombre de traits ? Dans cet embarras, les uns, transportés de colère et de désespoir, se jettent inconsidérément parmi les ennemis, et se livrent involontairement à la mort ; les autres, pâles, défaits, tremblants, reculent et rompent les rangs qui étaient dernière eux. C'est ainsi que, dès la première attaque, furent rabaissés l'orgueil et la fierté des Gésates.Quand les archers se furent retirés, les Insubriens, les Boïens et les Taurisques en vinrent aux mains. Ils se battirent avec tant d'acharnement, que, malgré les plaies dont ils étaient couverts, on ne pouvait les arracher de leur poste. Si leurs armes eussent été les mêmes que celles des Romains, ils remportaient la victoire. Ils avaient à la vérité comme eux des boucliers pour parer, mais leurs épées ne leur rendaient pas les mêmes services : celles des Romains taillaient et perçaient, au lieu que les leurs ne frappaient que de taille. Ces troupes ne soutinrent le choc que jusqu'à ce que la cavalerie romaine fût descendue de la hauteur, et les eût prises en flanc. Alors l'infanterie fut taillée en pièces, et la cavalerie s'enfuit en déroute. Quarante mille Gaulois restèrent sur la place, et on fit au moins dix mille, prisonniers, entre lesquels était Concolitan, un de leurs rois. Anéroeste se sauva avec quelques-uns des siens, en je ne sais quel endroit, où il se tua lui et ses amis de sa propre main. Emilius, ayant ramassé les dépouilles, les envoya à Rome, et rendit le butin à ceux à qui il appartenait ; puis, marchant à la tête des légions par la Ligurie, il se jeta sur le pays des Boïens, y laissa ses soldats se gorger de butin, et revint à Rome peu de jours après avec l'armée. Tout ce qu'il avait pris de drapeaux, de colliers et de bracelets, il l'employa à la décoration du Capitole ; le reste des dépouilles et les prisonniers servirent à orner son triomphe. C'est ainsi qu'échoua cette formidable irruption des Gaulois, qui menaçait d'une ruine entière non seulement toute l'Italie, mais Rome même."




  • Sources

  • • V. Kruta, Les Celtes - Histoire et dictionnaire, Laffont, Paris, 2000
    • H. Hubert, Les Celtes, Albin Michel, Paris, 2001 (1ère édition 1932).
    • Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique

  • Liens analogiques

  •  •  Anéroestos / Anéroeste [ personnages historiques (Les) ]
     •  Boïens (Cispadans) [ peuples de Gaule Cisalpine (Les) ]
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     •  Gésates (Les) [ informations diverses sur les peuples celtes ]
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