attaque de Vercingétorix contre la Province - isolement de César [-52]
Attaque de Vercingétorix contre la Province - isolement de César
La tactique de Vercingetorix
Les peuples gaulois ayant participé à l'assemblée générale des Gaules de Bibracte prennent les armes et rejoignent les rangs de Vercingétorix. Ce dernier, fraichement reconnu comme étant le chef général de la rébellion gauloise, entreprend d'attaquer simultanément les intérets romains en Gaule, la Province et d'isoler César. César évoque très rapidement ces évènements dans ses Commentaires de la Guerre des Gaules, alors qu'ils constituent, sans aucun doute, les plus grands faîts d'arme gaulois lors de cette guerre. La stratégie de Vercingetorix était parfaitement réfléchie et démontre, chez lui un réel réalisme et de solides connaissances quant au fonctionnement de l'armée romaine.
- Contre ses opposants en Gaule
Conscient de la versatilité de nombreuses cités gauloises, Vercingétorix adopte l'idée d'exiger des otages pour s'assurer de leur fidélité.
César, Guerre des Gaules, VII, 64 : "Il exige des otages des autres nations, fixe le jour où ils lui seront livrés"
- Contre la Province
La Province romaine de Gaule constituait la principale base arrière de César dans le cadre de sa conquête de la Gaule. Attaquer la Province revient donc à couper César de ses appuis extérieurs à la Gaule indépendante. Cette attaque sera ciblée plus particulièrement contre le territoire des Allobroges - détenteurs des cols servant aux renforts venant d'Italie pour atteindre la Province et du cours moyen du Rhône - des Helviens - détenteurs d'un tronçon du Rhône - et des Volques Arécomiques - détenteurs du bas-Rhône et dont le territoire permettait aux renforts venus d'Espagne d'intervenir en Gaule. Précisons aussi que le territoire des Helviens, voisins de celui des Arvernes était utilisé de base arrière pour l'armée romaine servant à les attaquer. Ainsi, pour bloquer César, la meilleure technique était selon lui de bloquer la Province elle-même de tous apports terrestres venant d'autres provinces romaines. Le résultat attendu de ces attaques était donc le contrôle de la rive droite du Rhône. Plus qu'une simple offensive militaire, Vercingetorix entreprit dans le même temps, par le biais de la diplomatie de convaincre les Allobroges (récemment révoltés contre Rome) d'adhérer à sa cause.
César, Guerre des Gaules, VII, 64 : "Les choses ainsi réglées, il ordonne aux Héduens et aux Ségusiaves, limitrophes de la province, de lever dix mille fantassins ; il y ajoute huit cents cavaliers. Il confie le commandement de ces troupes au frère d'Éporédorix, et lui dit de porter la guerre chez les Allobroges. D'un autre côté, il envoie les Gabales et les plus proches cantons des Arvernes, ravager le territoire des Helviens, ainsi que les Rutènes et les Cadurques celui des Volques Arécomiques. En même temps, et par des messages secrets, il sollicite les Allobroges, espérant que les ressentiments de la dernière guerre n'y étaient pas encore éteints. Il promet aux chefs de l'argent, et à la nation la souveraineté de toute la province"
Dion Cassius, Histoire Romaine, XL, 39 : "Avant cet événement, Vercingétorix, à qui César ne paraissait plus redoutable à cause de ses revers, se mit en campagne contre les Allobroges."
- Contre César lui-même
La Province en proie à ces vicissitudes, César devait alors se trouver isoler. A ces attaques portées contre la Province, Vercingetorix organisa en parallèle des attaques contre l'armée romaine présente en Gaule. Il réunit une cavalerie forte de 15 000 hommes chargée d'empêcher les troupes romaines de s'approvisionner et utilisa la tactique de la terre brûlée. Le résultat attendu était d'affaiblir suffisamment l'armée romaine pour envisager une attaque frontale.
César, Guerre des Gaules, VII, 64 : (Vercingetorix) ordonne la prompte réunion de toute la cavalerie, forte de quinze mille hommes ; et annonce "qu'il se contente de l'infanterie qu'il a déjà ; qu'il ne veut pas tenter le sort des armes en bataille rangée ; qu'avec une cavalerie nombreuse il lui sera très facile de couper les vivres aux Romains et de gêner leurs fourrageurs ; que seulement les Gaulois se résignent à détruire leurs récoltes et à incendier leurs demeures, et ne voient dans ces pertes domestiques que le moyen de recouvrer à jamais leur indépendance et leur liberté."
La réponse romaine
Conscient de la gravité de la situation, le lieutenant Lucius César, alors en charge de la protection de la Province réunit péniblement 22 000 hommes pour se protéger des attaques gauloises.
César, Guerre des Gaules, VII, 65 : "Pour résister à toutes ces attaques, le lieutenant L. César n'avait à distribuer, comme garnison, sur tout le territoire de la province, que vingt-deux cohortes tirées de cette province même."
Les Helviens, peuple de la Province, conscient du danger qui les guettait attaquèrent leurs voisins (Vellaves et Gabales ?) mais sont défaits par les Arvernes et les Gabales envoyés par Vercingetorix. Le chef des Helviens, Caius Valerius Domnotaurus est tué, tandis que son armée est contrainte de se retirer dans les villes.
César, Guerre des Gaules, VII, 65 : "Les Helviens attaquent spontanément leurs voisins, sont défaits, perdent C. Valérius Domnotaurus, fils de Caburus, chef de leur nation, et sont repoussés dans les murs de leurs villes."
Il semble que les défenses allobroges aient été plus efficaces que les défenses des Helviens. Les Allobroges ayant visiblement rejeté l'appel au ralliement de Vercingetorix ont établis des postes près du Rhônes pour bloquer l'avancée gauloise.
César, Guerre des Gaules, VII, 65 : "Les Allobroges, ayant établi près du Rhône des postes nombreux, mettent beaucoup de zèle et de diligence dans la défense de leur territoire."
Les cités gauloises soumisent les années précédentes prennent les armes, assistées par quelques alliés traditionnels des Romains, dont les Eduens. César se trouva dans l'obligation de rejoindre la province en traversant le territoire des Lingones qui ne prenaient pas part à la rebellion. Coupé de tous ses approvisionnements et harcelé par les Gaulois, César fut contraints de faire appel à des cavaliers venus de Germanie pour faire face à la cavalerie gauloise constituée par Vercingetorix. A ce moment là des hostilités, cette solution était la dernière à la disposition de César pour ne pas être, petit à petit, enveloppé. L'objectif de César n'était pas, alors, d'affronter Vercingetorix, mais de rejoindre la Province au plus vite « pour porter plus facilement du secours à la province ». Jamais, au cours de cette guerre, César ne se trouva en si grand danger.
César, Guerre des Gaules, VII, 65 : "César, voyant que l'ennemi lui est supérieur en cavalerie, qu'il lui ferme tous les chemins, et qu'il n'y a nul moyen de tirer des secours de l'Italie ni de la province, envoie au-delà du Rhin, en Germanie, vers les peuples qu'il avait soumis les années précédentes, et leur demande des cavaliers et de ces fantassins armés à la légère, accoutumés à se mêler avec la cavalerie dans les combats. À leur arrivée, ne trouvant pas assez bien dressés les chevaux dont ils se servaient, il prit ceux des tribuns, des autres officiers, et même des chevaliers romains et des vétérans, et les distribua aux Germains."
Sources
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
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