Comté du Kent et moitié orientale de l'East Sussex
Capitale:
Durovernum Cantiacorum (Canterbury)
Cantiens / Cantiaques - Peuple de l'île de Bretagne, il fut mentionné par César sous la forme Cantium "territoire des Cantiens" (Guerre des Gaules, V, 13 ; 14 ; 22), par Ptolémée sous la forme nominative Κάντιοι et le datif Καντίοις (Géographie, II, 3, 27 et 28) et plus indirectement dans la Cosmographie de Ravenne sous la forme Duroauerno Cantiacorum "Durovernum des Cantiaques" (V, 31). Trois attestations épigraphiques sont également connues. La première provient d'une inscription découverte à Londres qui mentionne la CIVITATE CANTIACORVM "cité des Cantiaques" (RIB-02-08, 2504,29 ; AE 1994, 1093). La seconde provient d'une inscription mise au jour à Colchester, qui mentionne cette cité sous la forme CIVIS CANTIACVS "citoyen cantiaque" (RIB-01, 192). Enfin, une dernière attestation provenant de Colijnsplaat (Noord-Beveland, Pays-Bas) l'évoque probablement sous la forme CAN[TIANVS (CSIR-NL-02-A, 09 ; AE 1983, 720). Cet ethnonyme est également connu indirectement par le nom de Κάντιον ἄκρον "promontoire Cantium" (South Foreland), mentionné par divers géographes antiques. Ptolémée attribue aux Κάντιοι trois importantes villes ; Λονδίνιον (Londinium, Londres), Δαρούερνον (Durovernum, Canterbury) et Ῥουτουπίαι (Rutupiae, Richborough) (Géographie, II, 3, 27). Leur territoire correspondait donc à l'actuel comté du Kent, lequel perpétue leur nom. Leur capitale était Durovernum (Canterbury).
Un très court témoignage de César laisse entendre que dans la première moitié du Ier s. av. J.-C., les Cantiens et de nombreux autres peuples bretons livrèrent plusieurs guerres aux Catuvellaunes dans l'espoir d'échapper à leur tentative d'imposer leur hégémonie sur tout le sud de la Bretagne (César, Guerre des Gaules, V, 11).
César, Guerre des Gaules, V, 13 :"Cette île est de forme triangulaire ; l'un des côtés regarde la Gaule. Des deux angles de ce côté, l'un est au levant, vers le pays de Cantium, où abordent presque tous les vaisseaux gaulois ; l'autre, plus bas, est au midi. La longueur de ce côté est d'environ cinq cent mille pas. L'autre côté du triangle regarde l'Espagne et le couchant : dans cette direction est l'Hibernie, qui passe pour moitié moins grande que la Bretagne, et en est séparée par une distance égale à celle de la Bretagne à la Gaule : dans l'espace intermédiaire est l'île de Mona."
César, Guerre des Gaules, V, 14 :"De tous les peuples bretons, les plus civilisés sont, sans contredit, ceux qui habitent le pays de Cantium, région toute maritime et dont les moeurs diffèrent peu de celles des Gaulois. La plupart des peuples de l'intérieur négligent l'agriculture ; ils vivent de lait et de chair et se couvrent de peaux. Tous les Bretons se teignent avec du pastel, ce qui leur donne une couleur azurée et rend leur aspect horrible dans les combats. Ils portent leurs cheveux longs, et se rasent tout le corps, excepté la tête et la lèvre supérieure. Les femmes y sont en commun entre dix ou douze, surtout entre les frères, les pères et les fils. Quand il naît des enfants, ils appartiennent à celui qui le premier a introduit la mère dans la famille."
César, Guerre des Gaules, V, 22 :"Tandis qu'en cet endroit les choses se passaient ainsi, Cassivellaunos avait envoyé des messagers dans le Cantium, situé, comme nous l'avons dit, sur les bords de la mer, aux quatre chefs de cette contrée, à Cingétorix, Carvilios, Taximagulos, Ségovax, leur ordonnant de, rassembler toutes leurs troupes, et d'attaquer à l'improviste le camp qui renfermait nos vaisseaux. À peine y furent-ils arrivés, que les nôtres firent une sortie, en tuèrent un grand nombre, prirent en outre un de leurs principaux chefs, Lugotorix, et rentrèrent sans perte dans le camp."
Inscription de Colchester (RIB-01, 192) MATRIBVS / SVLEVIS / SIMILIS ATTI F(ILIVS) / CI(VIS) CANT(IACVS) / V(OTVM) L(IBENS) S(OLVIT)
"Aux Mères Suleviae, Similis fils d'Attus, citoyen cantiaque s'est acquitté de son voeu, de bon gré."
"À la déesse Nehalennia. […] Valerius Mar[...], marchand, entre les Cantiens et Geserecanum […], pour les biens qu'elle a bien conservés […]."
Inscription de Londres (RIB-02-08, 2504,29 ; AE 1994, 1093) IMP(ERATORE) TRAIANO [HAD]RI[ANO] CAESARE AVG(VSTO) II GN(AEO) / FVSCO SALINATORE CO(N)S(VLIBVS) PR(IDIE) IDVS MARTIAS / CVM VENTVM ESSET IN REM PRAESENTEM / SILVAM VERLVCIONIVM AREPENNIA DE/CEM QVINQVE PLVS MINVS QVOD EST IN CI/VITATE CANTIACORVM PAGO DIBVSSV[3] / [3]RABI[3]A[3]S ADFINIBVS HEREDIBVS / ET HEREDIBVS CAESENNI VITALIS ET VIA / VICINALE QVOD SE EMISSE DICERET L(VCIVS) / IVLIVS BELLICVS DE T(ITO) VALERIO SILVINO / |(DENARIIS) QVADRAGINTA SICVT EMPTIONE CON/TINETVR / LVCIVS BELLICVS TESTATVS EST SE / [
"Au cours du consulat de l'empereur Traianus Hadrianus César, Auguste pour la seconde fois, et de Gnaeus Fuscus Salinator, la veille des Ides de Martius (14 mars 118 ap. J.-C.). Considérant que, en arrivant à la propriété en question, le bois Verlucionium, de plus ou moins quinze arpents, qui est dans la cité des Cantiaques, dans le pagus Dibussu[...], [...], voisin des héritiers [de ...] et les héritiers de Caesennius Vitalis et de la route vicinale, Lucius Iulius Bellicus a déclaré l'avoir acheté à Titus Valerius Silvinus pour quarante deniers, comme indiqué dans l'acte d'achat. Lucius Iulius Bellicus a attesté qu'il [...]."