La première urgence fut de remédier aux menaces extérieures. Pour y faire face, le proconsul Marcus Lollius Paulinus et Auguste envisagèrent une vaste expédition contre les Sicambres, Usipètes et Tenctères. À l'annonce de ce danger imminent, les Germains se retirèrent de Gaule et traitèrent avec les Romains. En gage de bonne volonté, ils leurs remirent des otages, mettant provisoirement un terme aux tensions (Dion Cassius, Histoire romaine, LIV, 20). La prompte résolution de ce conflit permit à l'empereur de tenter d'arbitrer le conflit qui opposait le procurateur Licinius aux Gaulois. Bien que lucide sur les malversations de Licinius, son affranchi, Auguste se laissa corrompre par les fantastiques richesses spoliées aux Gaulois et séduire par l'idée que ces privations abusives leur retireraient la possibilité de financer un futur soulèvement. Ainsi, contre toute attente, Licinius ne fut pas sanctionné (Dion Cassius, Histoire romaine, LIV, 21).
Deux courtes mentions faites par Dion Cassius indiquent qu'au cours du consulat de Gnaeus Cornelius Lentulus et Marcus Licinius Crassus Frugi (14 av. J.-C.), puis celui de Tiberius Caesar Augustus et Publius Quinctilius Varus (13 av. J.-C.), l'entreprise de réorganisation de la Gaule engagée en 27 av. J.-C. fut poursuivie. Dans un premier temps, Auguste envoya un certain nombre de colonies dans plusieurs villes de Gaule, puis dans un deuxième temps, détermina le statut de certaines cités. Certaines se sont alors vues octroyer la liberté et la citoyenneté romaine (Histoire romaine, LIV, 23 ; 25). Vers 20-19 av. J.-C., Marcus Vipsanius Agrippa travailla à l'organisation du réseau routier de la Gaule. La poursuite des travaux et la connexion de ces voies nouvelles aux plus anciennes routes, firent naître de nouveaux carrefours. La pacification de la Gaule et son intégration économique rendirent l'emplacement de certains centre urbains parfaitement inadaptés aux besoins du moment. Ainsi, ce fut semble-t-il du temps où Auguste poursuivait son effort de réorganisation de la Gaule que nombreux oppida furent abandonnés et supplantés par des fondations nouvelles. Plusieurs cités, dont le statut venait d'être défini ou précisé, implantèrent leur métropole le long de ces nouveaux axes. C'est dans ce cadre que naquirent ex nihiloAugustonemetum (Clermont-Ferrand) chez les Arvernes, Augustodunum (Autun) chez les Éduens, Augustoritum (Limoges) chez les Lémovices, Augusta Suessionum (Soissons) chez les Suessions, Augusta Treverorum (Trêves) chez les Trévires, Caesaromagus (Beauvais) chez les Bellovaques et bien d'autres encore, y compris le long d'axes de moindre importance. Peut-être peut-on même déduire d'une allusion de Dion Cassius que ces fondations furent en partie financées par l'évergétisme de l'empereur (Histoire romaine, LIV, 25).
Dion Cassius, Histoire romaine, LIV, 19 :"Après cela, il partit pour la Gaule, sous le consulat de L. Domitius et de P. Scipion, prétextant les guerres qui s'y étaient élevées. La prolongation de son séjour dans la ville étant incommode à beaucoup de gens, parce que, d'un côté, en punissant nombre de citoyens qui s'écartaient des règlements, il se rendait odieux, et que, de l'autre, en leur faisant grâce, il était forcé de transgresser ses propres lois, il résolut de voyager, à l'exemple de Solon. Quelques-uns ont soupçonné Térentia, femme de Mécène, d'avoir été une des causes de ce voyage : il voulait, selon eux, se dérober aux propos qu'on tenait à Rome, et, continuer sans bruit son commerce avec elle dans un pays étranger ; car il en était tellement épris qu'il la fit un jour disputer de beauté avec Livie."
Dion Cassius, Histoire romaine, LIV, 20 :"Les Sicambres, les Usipètes et les Tenctères commencèrent d'abord par mettre en croix quelques citoyens romains qu'ils saisirent sur leur territoire, puis, franchissant le Rhin, ravagèrent la Germanie et la Gaule, firent tomber dans une embuscade la cavalerie romaine qui les poursuivait ; entraînés à sa poursuite, ils rencontrèrent, sans s'y attendre, Lollius, gouverneur de la contrée, et le vainquirent aussi. A cette nouvelle, Auguste marcha contre eux, mais il n'eut pas besoin de les combattre les barbares, instruits des préparatifs de Lollius et de l'expédition d'Auguste, rentrèrent dans leur pays et acceptèrent la paix en donnant des otages."
Dion Cassius, Histoire romaine, LIV, 21 :"Cette habileté faillit coûter cher à Licinius : les Gaulois, ayant saisi Auguste de l'affaire, lui adressèrent des plaintes telles que, sur certains points, il partagea leur irritation, chercha, sur d'autres, à excuser Licinius; prétendit ignorer certains faits, feignit de ne pas croire quelques autres, et en dissimula plusieurs, honteux d'avoir employé un tel procurateur. Mais Licinius, par un nouvel artifice, les joua tous de la façon la plus complète. Quand il s'aperçut qu'Auguste était irrité, et qu'il se vit sur le point d'être puni, il mena le prince dans sa maison, et, lui montrant ses nombreux trésors remplis d'or et d'argent, quantité d'autres objets précieux entassés en monceaux : " Maître, c'est à dessein, lui dit-il, c'est dans ton intérêt et dans celui des Romains que j'ai rassemblé tout cela, de peur que les indigènes, à la tête de tant de richesses, ne fassent défection. Aussi je les ai toutes conservées pour toi et je te les donne ". Ce fut ainsi que Licinius, sous prétexte qu'il avait, dans l'intérêt d'Auguste, énervé la puissance des barbares, se sauva du danger."
Dion Cassius, Histoire romaine, LIV, 23 :"Mais cela n'eut lieu que plus tard ; pour le moment, il envoya des colonies dans plusieurs villes de la Gaule et de l'Espagne, et rendit la liberté aux Cyzicéniens."
Dion Cassius, Histoire romaine, LIV, 25 :"Après avoir mis ordre à tout dans la Gaule, dans la Germanie et dans l'Espagne, dépensant beaucoup pour chaque ville séparément, recevant beaucoup des autres, donnant aux unes la liberté et le droit de cité, en privant les autres, Auguste laissa Drusus en Germanie, et revint à Rome sous le consulat de Tibère et de Quintilius Varus."
Velleius Paterculus, Histoireromaine, II, 97 :" Pendant que tout se passait si heureusement dans cette partie de l'empire, nous subîmes un grave désastre en Germanie où commandait Marcus Lollius. C'était un homme qui, en toutes choses, cherchait plutôt une occasion de s'enrichir que de bien faire et qui, sous une très habile dissimulation, était extrêmement vicieux. La perte de l'aigle de la cinquième légion appela César de Rome en Gaule. Puis on confia le soin et la charge de la guerre de Germanie à Drusus Claudius, frère de Néron."