Némalones - Peuplade des Alpes, les Némalones ne furent cités que sur le trophée des Alpes, sous la forme NEMALONI (Pline, Histoire naturelle, III, 136-137). Il est éventuellement possible de reconnaître dans cet ethnonyme la racine celtique nemo- / nema- "céleste / ciel".
La localisation des Némalones est plus qu'incertaine. Aux XVIIe-XVIIIe s., de nombreux travaux sont venus tenter de localiser les différentes populations listées par Pline, à partir des traces qu'elles auraient pu laisser dans la toponymie actuelle, sur seule base d'une apparente parenté entre ces noms. C'est dans ce contexte que H. Bouche (1664) et J.-B. Bourguignon d'Anville (1760) ont proposé de localiser les Némalones autour de Méolans (Méolans-Revel, Alpes-de-Haute-Provence), jusque sur toute la partie inférieure de la vallée de l'Ubaye. Cette hypothèse est largement discutable, puisque les plus anciennes attestations de cette localité sont de Meolano en 1126 et Medulano en 1199. De l'avis de J. Durandi (1774), C. Rostaing (1950) et E. Nègre (1996), ces attestations invitent à y reconnaître un ancien Mediolanum, plutôt qu'un toponyme en rapport avec les Némalones. Ce même J. Durandi (1774) a proposé de les situer autour de la localité d'Alabonte (Monêtier-Allemont, Hautes-Alpes), mentionnée dans l'Itinéraire d'Antonin et la Table de Peutinger (sous la forme Alarante dans ce dernier cas). Selon cet auteur, les deux attestations antiques seraient fautives et le nom de cette localité dériverait de l'ethnonyme, ce que nous savons aujourd'hui être faux. Par la suite, des auteurs tels que E. Garcin (1835), G. Barruol (1969) et G. Bérard (1997), tout en reconnaissant le fait que Méolans est un ancien Mediolanum, ont continué à localiser les Némalones autour de cette localité et dans la vallée de l'Ubaye.
• G. Barruol, (1969) - Les peuples préromains du Sud-Est de la Gaule. Étude de géographie historique, Paris, éditions De Boccard, 408p.
• G. Bérard, (1997) - Carte archéologique de la Gaule: 04. Alpes-de-Haute-Provence, Les Editions de la Maison des Sciences de l'Homme, 568p.
• J.-B. Bourguignon d'Anville, (1760) - Notice de l'ancienne Gaule, tirée des monumens romains. Dédié à S. A. S. Monseigneur le Duc de Chartres, Chez Desaint & Saillant, Paris, 754p.
• H. Bouche, (1664) - La chorographie ou description de Provence, et l'histoire chronologique du mesme pays, vol. 1, C. David, Paris, 938 p.
• J. Durandi, (1774) - Il Piemonte cispadano antico, ovvero Memorie per servire alla notizia del medesimo, e all'intelligenza degli antichi scrittori, diplomi, e documenti, che lo concernono, con varie discussioni di storia, e di critica diplomatica, e con monumenti non più divulgati, Stamperia di Giambattista Fontana, Turin, 380p.
• E. Garcin, (1835) - Dictionnaire historique et topographique de la Provence, ancienne et moderne, tome 2, Chez E. Garcin, Draguignan, 612p.
• C. Rostaing, (1950) - Essai sur la toponymie de la Provence, depuis les origines jusqu'aux invasions barbares, éditions d'Artrey, Paris, 480p.
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique