Puissant peuple celtique de la Champagne actuelle. Leur nom les "Rémi", signifie probablement "les premiers", "les plus anciens" ou "les princes" (cf: Delamarre). Leur capitale était à l'époque gallo-romaine Durocortorum (Reims). Mais il est fort probable qu'au temps de l'indépendance, c'était Bibrax (identifiée au Vieux-Laon à Saint-Thomas) qui faisait fonction de chef-lieu des Rèmes. Dès 57 avant J.-C. après avoir envoyé Iccios et Andocumborios auprès de César, ils deviennent des alliés des Romains. Alliance qui sera respectée tout le long de la guerre des gaules. En 53 avant J.-C., Jules César y réunit l'assemblée de la Gaule (voir ce terme).
Jules César, La guerre des Gaules, II, 3: "On ne s'y attendait pas, et personne n'avait prévu une marche aussi rapide ; aussi les Rèmes, qui sont le peuple de Belgique le plus proche de la Gaule, députèrent-ils à César Iccios et Andocumborios, les plus grands personnages de leur nation, afin de lui dire qu'ils se plaçaient, eux et tous leurs biens, sous la protection de Rome et sous son autorité : ils n'ont pas partagé le sentiment des autres Belges, ils n'ont pas conspiré contre Rome ; ils sont prêts à donner des otages, à exécuter les ordres qu'ils recevront, à ouvrir leurs places fortes, à fournir du blé et autres prestations ; ils ajoutent que le reste de la Belgique est en armes, que les Germains établis sur la rive gauche du Rhin se sont alliés aux Belges, qu'enfin il y a chez ceux-ci un tel déchaînement de passion, et si général, que les Suessions même, qui sont leurs frères de race, qui vivent sous les mêmes lois, qui ont même chef de guerre, même magistrat, ils n'ont pu les empêcher de prendre part au mouvements."
Jules César, La guerre des gaules, II, 9: "Les ennemis, aussitôt, se portèrent sans désemparer vers l'Aisne qui, on l'a dit, coulait derrière nôtre camp. Là, ayant trouvé des gués, ils essayèrent de faire passer la rivière à une partie de leurs forces, dans le dessein d'enlever, s'ils le pouvaient, le poste commandé par le légat Quintus Titurius, et de couper le pont; s'ils ne réussissaient pas, ils dévasteraient le territoire des Rèmes, d'où nous tirions de grandes ressources pour cette campagne et nous empêcheraient de nous ravitailler."
Jules César, La guerre des gaules, III, 11: "En conséquence, il envoie son légat Titus Labiénus avec de la cavalerie chez les Trévires, peuple voisin du Rhin. Il lui donne mission d'entrer en contact avec les Rèmes et les autres Belges et de les maintenir dans le devoir, de barrer la route aux Germains, que, disait-on, les Gaulois avaient appelés à leur aide[...]"